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Wikileaks, Blaise Compaoré, djembés, Bourgi, les nouveaux noms du dictionnaire

septembre 23, 2011 3 commentaires

Après le “bang bang bang”, la baston, les biftons ou encore les djembés, notre langage subit une évolution. La mise à jour s’avère plus que nécessaire.

Blaise Compaoré : Un des derniers artisans qui travaille encore à l’ancienne. Mélomane averti et technicien hors pair : capable de concevoir des djembés multi-usages ! A recommander à vos meilleurs amis pour les envois d’argent un peu volumineux. Mais, dommage, il ne verse pas dans l’option mallettes.

Démenti : Haut-parleurs installés dans toutes les rédactions de savane, de France et de Navarre.

Djembés : Guichets western union customisés par les présidences africaines. Plafond d’envoi raisonnable fixé à 3 millions de dollars. Convient aux usages d’une certaine clientèle.

Les djembés du Burkina font partie des plus réputés (DR)

Françafrique : Équivalent tropicalisé du monstre du Loch Ness ou de la vertu d’une péripatéticienne. Tout le monde en parle mais personne ne l’a vu.

Jacques Foccart, modèle absolu des "hommes de l'ombre" (DR)

Jacques Foccart : « Faitout français ». Fabriqué, développé et conçu en France. Beaucoup plus fiable que le modèle libano-français- sénégalais (voir plus bas) actuellementsur le marché. Modèle peu prétentieux, très économique, qui fait l’essentiel sans chichi. Il est surtout dépourvu de commandes vocales et des dernières technologies. Ce qui explique sa fiabilité légendaire. Malheureusement, ce modèle n’est plus disponible depuis 1997. Du fait de son succès, il a été beaucoup copié mais rarement égalé. Le modèle Bourgi s’en est fortement inspiré. Marque déposée.

Mallettes : Carte bancaire platinium. Plafond minimal de retrait : 10 millions de dollars. Guichets sélects disponibles uniquement à l’Élysée. Porte-parole : Capable de démentir aujourd’hui ce qu’il soutenait hier avec vigueur. Spécialiste du rétropédalage. Parle de ce qu’il ne sait pas. Agent zélé et fayot. Usage extensif et déraisonnable du démenti (voir plus haut).

Robert Bourgi : « Faitout libanais », inspiré du modèle français mais manufacturé au Sénégal. Ce qui peut expliquer son manque de fiabilité et son côté prétentieux. Assez lent à la détente et démarre par séquence. Fragilité proverbiale des joints qui ont tendance à fuiter sans retenue. Muni d’origine d’une fonction filtrage, aspiration et évacuation. Excellente capacité d’absorption en cas de trop-plein des mallettes ou des djembés. Efficacité garantie à ce niveau. Très utilisé en arrière-cuisine française. Avec des résultats dépendant des officines. A garder à l’oeil en tout cas.

Wikileaks : Déboucheur universel. Ramène tout ce qui est nauséabond à la surface. Attention, notice uniquement disponible en anglais.

Sexe, sida, argent et violences conjugales, le cocktail américain de Blaise Compaoré

septembre 15, 2011 8 commentaires

Jeanine Jackson, ambassadeur des États-Unis au Burkina Faso, décorée par Alain Yoda, Ministre des affaires étrangères, lors de son départ. Pas sûr que les autorités burkinabè goûtent sa production "littéraire" (DR)

Il n’y a pas que le Djembé et Robert Bourgi dans la vie. Ansi, Jeune Afrique qui publie les meilleurs extraits de Wikileaks (documents venant des ambassades américaines) sur plusieurs chefs d’État dont celui du Burkina. Le président du Faso est décrit comme quelqu’un de séducteur, compétent, travailleur, sérieux, très bien informé (à rapprocher de ce qu’il disait lors des mutineries de début d’année), très apprécié par ses conseillers. Au rayon « regret », son manque d’appétence réel pour tout ce qui a trait à la lutte contre la corruption surtout quand elle touche son premier cercle. Pour l’ambassade américaine au Burkina, Blaise Compaoré a très bien compris ce que les américains voulaient et leur servait la soupe que ces derniers voulaient entendre (comme quoi !).

Tout aussi intéressant mais non dévoilé par l’hebdomadaire panafricain, un câble qui passe à la moulinette le Blaise côté jardin, et traite des vraies raisons du limogeage de Salif Diallo :  trafic d’armes avec le Soudan avec l’utilisation d’un avion pouvant être relié au Burkina.

Au menu de ce câble  écrit par l’alors Ambassadeur, Jeanine Jackson : sexe, argent, prédations sexuelles, coups et maladies. L’Ambassadeur Jackson relaie un entretien avec un chargé d’affaires à l’ambassade de France au Burkina, Xavier Brun.

Blaise le séducteur côté in. Côté off, un insatiable sexuel, malade, usant du droit de cuisage rapporte Jeanine Jackson (DR).

Selon lui, Blaise Compaoré a le sida. La boulimie sexuelle de Blaise Compaoré justifierait un tel état. Véritable prédateur sexuel, usant du « droit de cuisage » (écrit en français dans le texte anglais de la cheffe de mission diplomatique), Blaise Compaoré est traité de « Raspoutine » qui a notamment eu affaire avec la femme d’un de ses ministres. On croirait replonger dans l’affaire DSK, le scandale en moins. Au passage,  juge Xavier Brun, Salif Diallo aurait la même maladie. Le câble fait également état d’un cancer de la prostate pour Blaise Compaoré, sans toutefois donner plus de détail sur la question.

Ces questions sur la santé du président ont surgi après son opération de la cataracte au Val de Grâce. A l’époque (mars 2009), des journaux s’étaient fait l’écho d’une telle opération. Certaines « autorités » leur étaient alors tombées dessus à bras raccourcis, estimant que la santé du président était chose taboue.

La discussion entre les deux fonctionnaires occidentaux a également glissé sur le « ménage Compaoré ». Madame fait maison à part. Elle a de bonnes raisons de le faire. Chantal Compaoré a eu à tromper Blaise Compaoré. L’ayant appris, il est rentré dans une telle fureur, qu’il a roué sa femme de coups. A tel point qu’elle a dû être hospitalisée durant 15 jours. L’unité de façade est de mise pour préserver l’image présidentielle. Blaise Compaoré ne tape pas que Djembé !

Ce compte-rendu de l’ambassadeur Jackson à sa hiérachie pointe des mœurs peu catholiques. Ce qui est ajourd’hui divilgué par Wikileaks était source de « discussions » à Ouaga. Ce qui est nouveau, c’est cette imprimatur officiel. L’état de santé de l’individu lambda est protégé par le secret médical. Le président de la République a un statut spécial. Il est responsable de la bonne marche de l’État. Dans l’imaginaire, un Chef d’État ne peut être malade à moins de vouloir signer son arrêt de mort politique. Ce sujet est ultra-sensible. Doit-on invoquer la nécessité de transparence pour exiger la publication de bulletins médicaux (réels) ? Ou faut-il faire l’impasse ?