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Articles Tagués ‘UEMOA’

Carnaval à la BCEAO : 8 employés sur 10 se tournent les pouces

septembre 22, 2011 Laisser un commentaire

Soumaila Cissé a pris son paquetage présidentiel pour aller se faire élire président. D’un parti politique s’entend. Cette intronisation sonne le glas de son aventure à la tête de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine). Les têtes couronnées de l’institution communautaire ne lui ont toujours pas trouvé de successeur. Avec ce départ qui la prive d’une tête de gondole présidentielle, l’UEMOA se retrouve démunie comme la cigale en plein hiver.

Démunie ? Pas si sûr. Paralysée ? Sûrement pas. Les institutions régionales (BCEAO et BOAD par exemple) sont habituées à faire avec ces longues vacances au sommet. En effet, ce n’est ni la première ni la dernière fois que nos chefs d’État finassent sur la nomination d’un président d’institution. Alors pourquoi pas l’UEMOA ?

Question ressources humaines, l’UEMOA ne doit pas s’inquiéter si elle prend exemple chez sa cousine, la BCEAO (Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest). Là-bas, les ressources humaines n’y sont pas une variable décisive. Du moins, si j’en juge par ce que m’ont rapporté des travailleurs. Selon, une évaluation conduite par un cabinet marocain moins de 20% des employés sont nécessaires à la multinationale du cash pour fonctionner. En d’autres termes, 8 employés sur 10 se tournent royalement les pouces et sont payés à ne rien faire. Le chiffre connu, l’alors Gouverneur, Philippe-Henri Dakoury-Tabley, s’est empressé de bien ranger ce rapport au fin fond de ses tiroirs. Son successeur va-t-il le dépoussiérer ?

La BCEAO est à ce point une inhibitrice des talents que beaucoup cherchent à s’en extirper. Nombre de jeunes cadres sont prêts à aller ailleurs même si les conditions salariales sont beaucoup moins avantageuses. C’est dire le sentiment qui les anime.

En tout état de cause, en ces temps de raréfaction des ressources financières, nos États et l’opinion publique devraient appeler la multinationale du cash à s’inscrire dans la bonne gouvernance et la transparence. Afin que nous puissions aussi évaluer cet outil économique. L’exercice est valable pour toutes ces institutions qui peuplent le paysage régional : UEMOA, UMOA, BOAD, Conseil de l’Entente, Autorité du Liptako-Gourma, et j’en passe !

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En attendant, la lessiveuse tourne à plein régime

septembre 10, 2011 Laisser un commentaire

1 119 milliards de FCFA douteux ! C’est énorme et c’est au Sénégal que cela se passe d’après la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) dans son rapport 2010 sur le blanchiment d’argent. 1119 milliards de FCFA, c’est tout simplement un peu plus de la moitié du budget de l’État Sénégal, 17% du PIB, 63% de la dette extérieure. Les secteurs qui servent de lessiveuse sont classiques : immobilier, transferts d’argent, BTP, etc. Paul Antoine Decraene, attaché de coopération « État de droit et gouvernance locale » à l’Ambassade de France au Sénégal estime de son côté que « le total des montants blanchis dans les pays de l’UEMOA dépasse largement les budgets cumulés de tous les États de cette union ». Qui sont ces personnes qui blanchissent ? Tout le monde sait ou pense savoir. Il serait temps qu’une loi sur le délit d’apparence soit promulguée. Quand on voit le saut sans élan (sur le plan social) de ceux qui accèdent aux manettes de l’État, il y a de quoi occuper des hordes d’inspecteurs (qui se tournent les pouces à ne savoir quoi faire). Il serait tout aussi salvateur que le parquet ait la capacité de s’autosaisir en toute indépendance, afin de mener enquête. Vœux pieux, je sais. Nos États font toujours des bulles autour de cette question, renâclant à l’aborder de front. Au vu des liens avérés entre blanchiment et terrorisme, n’est-il pas déjà un peu tard ?

UEMOA : La tronche à Sakho ne revient vraiment pas à Cissé

août 26, 2011 Laisser un commentaire

Trois mois après le dernier sommet extraordinaire des chefs d’État à Lomé, toujours pas de président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Au sein de l’institution, le top management se surveille, les employés sont à cran, pris en otage dans une guéguerre entre grosses têtes. Les planches sont savonnées. Les couteux sont aiguisés. Et les coups se donnent. Sans retenue. A tel point que le président togolais Faure Gnassingbé, mandaté pour rapprocher les positions a jeté l’éponge.

Car l’affaire se corse avec l’actuel président Soumaïla Cissé qui ne veut absolument pas qu’El Hadj Abdou Sakho, actuel commissaire du département des politiques économiques et de la fiscalité intérieure de l’UEMOA (il a intégré la commission en 2004) lui succède. Tout le monde sauf le sénégalais dit-il ! Et en tant que président sortant il sait se faire entendre.

L'actuel calife qui veut choisir son successeur. Sauf qu'il ne doit pas s'appeler Sakho. DR

Pour l’instant, l’intifada de Cissé contre Sakho lui permet de geler les positions. Pourtant, s’il y a quelqu’un qui est pressé “pressé” pour que la situation se règle au plus vite, c’est bien lui ; il est tout de même un des favoris de la prochaine présidentielle malienne en avril 2012. Au vu de ce qui se passe dans les couloirs de la commission, on frise la schizophrénie. La bataille qu’il mène est loin d’être à l’honneur de quelqu’un qui veut diriger un pays.

Autre alligator qui s’est invité, le Sénégal qui veut récupérer « sa chose » (deux sénégalais se sont succédés dont le premier président de la commission). Le pays de Wade estime avoir été payé en monnaie de singe face à sa décision en 2003 de ne pas soumettre la candidature de celui qui était pourtant Président de la commission, Moussa Touré. L’argument de la nécessaire rotation des postes invoqué par le Président Wade n’a vraiment pas marché : BOAD et a fortiori pour la BCEAO n’ont pas appliqué cette jurisprudence. Comme dit-on se faire avoir en wolof ?

Face au Sénégal, le Niger montre ses dents. Le président nigérien veut son succès diplomatique. Un nigérien président de la commission, cela aurait plus que de la gueule pour Mahamadou Issoufou. Tout est donc mis en œuvre pour que Malam Annou, ancien ministre des Finances, occupe le strapontin. Sauf que ce dernier semble traîner des casseroles.

El Hadj Abdou Sakho, il veut être le nouveau calife. DR.

Aux dernières nouvelles, la tendance pencherait en faveur du sénégalais El Hadj Abdou Sakho. Cinq pays (Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Togo et bien sûr le Sénégal) sur les huit que comptent l’institution sont prêts à voter pour lui.

C’est bien connu, les manœuvres dans les institutions internationales ne sont pas pour les enfants de choeur, mais il serait bien temps que quelqu’un siffle fin la récréation afin que l’UEMOA ait enfin un Président concentré sur sa mission.


La vague maçonnique

avril 5, 2011 1 commentaire

Mahamadou Issoufou sera donc investi ce jeudi président du Niger. Sur les marches depuis la conférence nationale en 1991, le voilà donc qui commence un tutoiement, a priori quinquennal, avec le fauteuil présidentiel. Avant une totale fusion qui va le faire passer de républicain à « fossoyeur de la démocratie », comme une grande majorité avant lui ? Ses premiers pas et notamment ses premières nominations donneront incontestablement le « la ». A surveiller donc avec attention.
L’autre événement jumeau de cette investiture est le grand-chelem que réalise la franc-maçonnerie au sommet de l’État ouest-africain. Jeune Afrique sort d’ailleurs une grande enquête sur le sujet. Tout de même « curieux » (pour les plus naïfs): Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire (Alassane Ouattara et Guillaume Soro mais pas Laurent Gbagbo, ceci expliquerait-il cela ?), Mali, Sénégal (même si Wade s’en défend eu égard au poids de l’islam dans ce pays), Togo et maintenant Niger (où Issoufou succède d’ailleurs hors parenthèse militaire à Mamadou Tandja, franc-maçon aussi).
Même les religions dites révélées n’ont pas réalisé un pareille score. Les esprits pointilleux diront qu’il ne manque plus que la Guinée-Bissau pour que la vague maçonnique réalise un score parfait et que la chape des « frères de lumière » recouvre l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’ouest (UEMOA).
Pour fermer cette « réflexion », tous ces chefs d’État sont de la même loge maçonnique : la Grande Loge Nationale Française (GLNF), classée à droite sur l’échiquier politique. Nul doute qu’un tel point commun va aider à certaines convergences. Ceci dit avec la pointe d’ironie requise.