Kadhafi est mort parce que l’Afrique ne sait pas protéger ses fils et ses filles
Le cœur n’y est pas : l’issue était prévisible ; pas d’échappatoire possible. Le cœur est serré par la nouvelle qui vient de tomber : l’assassinat de Kadhafi. Certes, au cours de sa carrière, cet homme fut loin d’être un ange. Mais quelle différence entre lui et les bouchers Bush ? Quelle différence entre lui et Sarkozy, copain le matin et Janus le soir ?
Le traitement médiatique de cette guerre d’abord et de ce crime ensuite, est symptomatique, typique de la veulerie. Un défoulement de haine avec l’emploi du mot outrageant : « dictateur ». La presse occidentale tire sur le défunt à boulets rouges. Tant de verbiages, de qualificatifs dépréciateurs utilisés pour faire oublier les compromissions d’hier ? Peine perdue ! Je me rappelle les avoir vus tous, les Sarko, les Blair, les Berlusconi, sans compter les chefs d’entreprise de Total, d’ENI, etc., aller à plat ventre dans le désert libyen quémander. Oui quémander de l’argent. Comme des ploucs. Comme des gueux. Aujourd’hui, ils veulent nous dire qu’ils ont toujours étés probes, constants, qu’ils n’ont jamais varié, qu’ils ont toujours voué le guide aux gémonies. Que cette guerre est la victoire de leur lucidité et de leur constance ? Allons donc…
Pourquoi une partie de l’humanité devrait-elle définir le droit, édicter les normes afin de les appliquer sur les moins nantis, les moins forts, ceux qui ont une autre couleur de peau, qui appartiennent à d’autres civilisations? Questions, questions, questions et beaucoup de tristesse. Au nom de quelle humanité, cette barbarie perdure ? Comme le disait Anouar El Sadate lors de sa visite historique à Jérusalem un jour de novembre 1997, « à la fin de ces affrontements, parmi les ruines de ce qui avait été édifié et parmi les victimes humaines, il ne peut y avoir ni vainqueur ni vaincu. L’éternel vaincu est l’homme, suprême création de Dieu » (je restitue de mémoire. Mille excuses, si la citation ne correspond pas mot pour mot à ce qui a été dit).
Bâtir des ponts, faire avancer l’humanité, ce n’est ni la politique de la terre brulée ni celle de « deux poids, deux mesures ». Le pire, c’est que tout le monde sait que le CNT est pire que celui qui est parti en refusant de quitter la terre de ses ancêtres, celle qui l’a vu naître, renverser un pouvoir royal corrompu et mener une politique sociale progressiste. Le CNT ? Un ramassis d’exécuteurs des basses œuvres du défunt guide libyen ou des personnes plus radicales que ce que Kadhafi a montré de radical. Triste ! Pitoyable !
L’Afrique ne peut être contente. Elle ne protège ni ses fils ni ses filles. A toutes les échelles. Avis donc à ces présidents « élus démocratiquement » qui pensent que l’onction occidentale vaut canonisation éternelle : les précédents se multiplient.
Quelle « victoire » que le monde dit occidentalisé vient d’obtenir. Mais quelle « victoire » ! En vérité, il n’y a vraiment pas de quoi en être fier ! Pour cette partie du monde, ce monde dit « civilisé », cet « axe du bien », l’assassinat devient une méthode de règlement de conflits. L’actualité vient se mêler à cette guerre libyenne. Les guerres du monde occidental ont toujours été motivées par le gain. L’Italie, la Grande Bretagne, la France, etc. sont dans une réelle panade financière. Leurs dirigeants pensent se refaire la cerise en se basant sur les richesses libyennes. Ils sauront faire rendre gorge à « leurs amis » du CNT.
Le jour où une mort va réparer le tort causé, l’humanité sera-t-elle rassasiée ?



