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Kadhafi est mort parce que l’Afrique ne sait pas protéger ses fils et ses filles

octobre 20, 2011 Laisser un commentaire

Le cœur n’y est pas : l’issue était prévisible ; pas d’échappatoire possible. Le cœur  est serré par la nouvelle qui vient de tomber : l’assassinat de Kadhafi. Certes, au cours de sa carrière, cet homme fut loin d’être un ange. Mais quelle différence entre lui et les bouchers Bush ? Quelle différence entre lui et Sarkozy, copain le matin et Janus le soir ?

Le traitement médiatique de cette guerre d’abord et de ce crime ensuite, est symptomatique, typique de la veulerie. Un défoulement de haine avec l’emploi du mot outrageant : « dictateur ». La presse occidentale tire sur le défunt à boulets rouges. Tant de verbiages, de qualificatifs dépréciateurs utilisés pour faire oublier les compromissions d’hier ? Peine perdue ! Je me rappelle les avoir vus tous, les Sarko, les Blair, les Berlusconi, sans compter les chefs d’entreprise de Total, d’ENI, etc.,  aller à plat ventre dans le désert libyen quémander. Oui quémander de l’argent. Comme des ploucs. Comme des gueux. Aujourd’hui, ils veulent nous dire qu’ils ont toujours étés probes, constants, qu’ils n’ont jamais varié, qu’ils ont toujours voué le guide aux gémonies. Que cette guerre est la victoire de leur lucidité et de leur constance ? Allons donc…

Pourquoi une partie de l’humanité devrait-elle définir le droit, édicter les normes afin de les appliquer sur les moins nantis, les moins forts, ceux qui ont une autre couleur de peau, qui appartiennent à d’autres civilisations? Questions, questions, questions et beaucoup de tristesse. Au nom de quelle humanité, cette barbarie perdure ? Comme le disait Anouar El Sadate lors de sa visite historique à Jérusalem un jour de novembre 1997, « à la fin de ces affrontements, parmi les ruines de ce qui avait été édifié et parmi les victimes humaines, il ne peut y avoir ni vainqueur ni vaincu. L’éternel vaincu est l’homme, suprême création de Dieu » (je restitue de mémoire. Mille excuses, si la citation ne correspond pas mot pour mot à ce qui a été dit).

Bâtir des ponts, faire avancer l’humanité, ce n’est ni la politique de la terre brulée ni celle de « deux poids, deux mesures ».  Le pire, c’est que tout le monde sait que le CNT est pire que celui qui est parti en refusant de quitter la terre de ses ancêtres, celle qui l’a vu naître, renverser un pouvoir royal corrompu et mener une politique sociale progressiste. Le CNT ? Un ramassis d’exécuteurs des basses œuvres du défunt guide libyen ou des personnes plus radicales que ce que Kadhafi a montré de radical. Triste ! Pitoyable !

L’Afrique ne peut être contente. Elle ne protège ni ses fils ni ses filles. A toutes les échelles. Avis donc à ces présidents « élus démocratiquement » qui pensent que l’onction occidentale vaut canonisation éternelle : les précédents se multiplient.

Quelle « victoire » que le monde dit occidentalisé vient d’obtenir. Mais quelle « victoire » ! En vérité, il n’y a vraiment pas de quoi en être fier ! Pour cette partie du monde, ce monde dit « civilisé », cet « axe du bien », l’assassinat devient une méthode de règlement de conflits. L’actualité vient se mêler à cette guerre libyenne. Les guerres du monde occidental ont toujours été motivées par le gain. L’Italie, la Grande Bretagne, la France, etc.  sont dans une réelle panade financière. Leurs dirigeants pensent se refaire la cerise en se basant sur les richesses libyennes. Ils sauront faire rendre gorge à « leurs amis » du CNT.

Le jour où une mort va réparer le tort causé, l’humanité sera-t-elle rassasiée ?

Sarko and co, les meilleurs VRP d’Al Quaïda

septembre 3, 2011 Laisser un commentaire

La guerre est un jeu où derrière le rideau se "cachent" les mouvements tels Al Quaïda (DR)

L’acharnement  actuel des dirigeants occidentaux et de leurs affidés est consternant. La sélectivité de leur indignation est affligeante. Elle met à plat tout leur argumentaire. S’ils veulent régenter le monde et imposer une « one way of life » qu’ils le disent ; que les masques tombent ; qu’ils se débarrassent de leur faux nez. Et qu’ils assument.

La méthode employée en Libye est la meilleure façon pour faire mousser Al Quaida dans la région. A croire, que l’occident s’est auto-investi comme agent de relations publiques des mouvements dits « terroristes ». Aujourd’hui, dézinguer le Kadhafi autorise tout. Dans les faits, on assiste à une véritable victoire à la Pyrrhus. Il va bien falloir recoller les morceaux. Le mode opératoire ne varie pas : conférences des amis du pays, envoi de délégations du FMI, prêts sans intérêt, etc. Comme si la cohésion nationale était tributaire et indexée au nombre de foras internationaux.

Derrière les tables de loi, le drapeau des grands discours et des principes, la crise d’adolescence de Berlusconi, Sarkozy ou encore Cameron. Incapables de faire preuve de maturité salvatrice, ils sont en guerre contre tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Leur réflexion est basique : noir et blanc. Avec ou contre. Du Georges Bush copié-collé. Dans les discours et les actes, tout est fait pour pousser les uns contre les autres. Leur vérité est que l’occident est en guerre contre le reste du monde.

Table de lois occidentales : droit unilatéral de porter les armes et de faire la guerre (DR)

Alors avoir en face d’eux des mouvements comme Al Quaïda légitimisme leur position. Sans « ennemi », que feront-ils ? L’équilibre de la terreur est tout bénef pour les deux camps. A force d’être victimes de l’acharnement occidental, Kadhafi ou Al Quaïda deviennent plus sympathiques que nature. Quand l’Occident fricotait avec ces derniers, pas de souci. Puis, le vent a changé, et par un incroyable tour de passe-passe, il a été décidé de les classer dans le camp de « l’axe du mal ».

Déroutée par tant de versalité, quoi de plus normal que des pans de l’opinion en Afrique subsaharienne se radicalisent. Al Quaïda n’a aujourd’hui plus qu’à se pencher pour ramasser les débris des désillusionnés. Et certains qui s’étonnent de la gentille indifférence dans cette contrée du monde à l’encontre d’Al Quaïda.

Certes, le temps est au tumulte pour les régimes dits dictatoriaux. Mais surtout pour la morale et la justice. En témoigne, encore et toujours, l’insolente auto-impunité sur les actes de guerre et de crime contre l’humanité commis par des dirigeants occidentaux sous de fallacieux prétextes. A quand Georges Bush, Dick Cheney and co. répondant de leurs crimes devant la justice internationale ?

Sur cette ingérence occidentale en Libye, on peut dire tout et son contraire. Dans la vie tout est explicable (pas forcément justifiable), du moment que le contexte est accepté. C’est ce qu’avait théorisé quelqu’un comme Jacques Vergès, avec sa défense de la rupture.

Cette guerre est nécessaire pour l’agenda de politique intérieure de Sarko and co., ballotés entre inextricables difficultés financières, des taux de chômage historiques, des échéances électorales imminentes. Cette guerre a valeur d’avertissement face à l’émergence d’autres acteurs sur la scène géopolitique, Chine principalement. Elle est tout aussi nécessaire pour le complexe militaro-industriel de nombre de pays industrialisés. Car véritables terrains d’exercice grandeur nature pour les armes expérimentales. Il est bon de toujours se rappeler l’extrême connivence entre ce complexe et les politiques. De même que la dépendance de ces derniers.

L’absence de maturité aidant, Sarko and co refont les guerres coloniales ou d’occupation de leurs grands-parents et arrières grands-parents.  En dépit des préventions africaines, l’armada occidentale s’est précipitée bille en tête pour bouffer du Kadhafi. Belle preuve de mépris pour nous ! Et pas étonnant que les mouvements islamiques en Afrique sub-saharienne connaissent une accélération unique.

La guerre entraîne dans son sillage l’instabilité. Rarement la paix. Que ce soit en Irak, en Iran, hier, en Libye aujourd’hui, le retour à une vie politique et sociale normalisée n’est certainement pas pour demain. Elle provoque et pour longtemps des clivages à l’intérieur des pays. Certains dont le président sénégalais, qui n’en est pas à un paradoxe près, célèbre la « libération » du peuple libyen. Cette célébration a le goût amer et fétide de l’asservissement.

L'Occident exporte ses guerres. Les terrains étrangers sont des lieux d'expérimentation pour ses nouvelles armes (DR).

Depuis 1945, l’occident se bat par procuration et exporte ses différends tout comme ses guerres : plus de bataille sur son territoire.  Quand cet engagement se transforme en « victoire », il lui apporte dans son sillage contrats de reconstruction, installation d’un « régent » (sous couvert d’élections dites démocratiques) et accès illimités aux ressources du pays. Qui dit mieux ?

Le viol continu et impuni de l’Occident

août 29, 2011 4 commentaires

Amis un jour. Ennemis toujours. (DR : http://www.zonz-artiste-peintre.com/dessins/dessin-sarkozy-kadhafi-copains-davant/)

A la régulière, ils ne savent pas gagner. En tout, ils rusent, maraudent, finaudent et s’arrogent le droit d’être juges, censeurs et partie prenantes. La normalité doit découler de leurs règles. La dissonance est admise tant qu’elle vient d’eux. Les règles du jeu varient en fonction de leur score. Est-il en leur faveur, aucun problème, la partie doit continuer. Dans le sens contraire, on ne joue plus !

Le sens de l’honneur, le respect de la parole donnée sont hors programme ! Depuis que l’histoire nous est enseignée, nous avons été témoins de leurs variations, guidées par leurs seuls intérêts matériels. Ils font de leur histoire, une singularité et de leurs crimes, une exception. Quand ils ont fini de presser le jus, ils jettent le citron sans remords. La triste et sordide actualité libyenne me rappelle à quel point, il n’y a pas de « jeu » possible.

Il y a moins de 4 ans (une éternité dans le temps médiatique), Sarkozy accordait toutes les largesses à son « alors ami » Kadhafi. Au cours de cette visite, le président français aura avalé plus que des couleuvres (la cerise sur le gâteau fut cette tente plantée en plein cœur de la capitale). Humilié, le Sarko se devait de faire payer l’impertinent. Mais il n’était pas le seul à en vouloir au leader libyen. En allant des USA, à l’Écosse, en passant par la Grande-Bretagne et Israël, la liste ne comporte que des « poids lourds ». On se croirait dans une cour de récréation fasse à des gamins, « tu m’as fait mal, ben tu vas avoir mal aussi. Attends ! » ou dans les “bons vieux western. Et là pas de règle. Tous les moyens sont bons. Et la jouissance est à la mesure de l’humiliation endurée. La disparation d’Oussama Ben Laden en témoigne.

L’issue libyenne était prévisible. L’Occident ne pouvait se payer une humiliation face au guide et à sa capacité de nuisance. Je mesure à quel point le Vietnam, l’Indochine, l’Afghanistan, la Somalie ont été des traumatismes. La guerre en Libye, tout comme en Côte d’Ivoire d’ailleurs (pour parler des derniers engagements), a permis de remettre au goût du jour la règle surannée de la division du travail du temps de l’oppression. En première ligne, le (militaire) occidental qui ne fait pas dans le détail : il casse tout. Puis les autres plaqués (tout le monde voit de qui il s’agit) qui sortent de derrières les bois et capturent le gibier.

« Sans un ultime coup de pouce fourni par l’aviation américaine, les insurgés ne seraient pas aujourd’hui dans les rues de Tripoli », selon un agent de la Direction française du renseignement cité par le Canard Enchaîné. Le 22 août, l’OTAN a détruit ou endommagé 22 cibles. Le lendemain, elle passe la surmultipliée : 50 bombardements. A cela, il faut ajouter, 228 missiles de croisière, des milliers de bombes, 8 500 américains, 1 300 britanniques, 800 français (source Canard Enchaîné du 24 août). Sans compter les conseillers militaires, instructeurs, et autres membres de troupes spéciales.

Dans un entretien accordé à Marianne, Rony Brauman, ancien président de Médecin Sans Frontières (MSF) met les pieds dans le plat : “Cette guerre a été voulue par les chefs d’Etat et de gouvernement français et britannique pour des raisons largement liées à leur situation politique intérieure. Croyez-vous vraiment que la démocratie en Libye est l’enjeu primordial pour le Qatar ? Et qui nous permet d’affirmer que l’attachement à la démocratie et aux droits de l’homme a été la seule motivation de la France ?”

De cela, les médias dits “traditionnels” se font peu l’écho. Tout comme de ce qui se passe du côté des « rebelles » en termes de violations et de crimes. Normal, tout cela ne va pas dans “le sens commun”. La politique des deux poids deux mesures est une vielle spécialité  occidentale. Le « non-conventionnel », les chevaux de Troie et la désinformation ont été les cartes décisives pour faire tomber le régime libyen.

Ce qui crève les yeux, c’est que sont les compagnies pétrolières qui en sortent grandes gagnantes. Le cours de Total est ainsi au plus haut depuis. Les perdants ? Comme dans toute guerre, la population. La stabilité régionale. Ce n’est pas pour rien que le Mali d’ATT est plus que gêné par cette nouvelle donne. Que des armes aient « fuité » et se retrouvent aux mains de groupes au dessein inavouables, les occidentaux s’en foutent royalement. La politique de la terre brulée et la chasse au guide justifient tout ! Même la déstabilisation des États. On le voit en Irak et en Afghanistan pour faire état des exemples les plus emblématiques. Pas besoin de parier que les occidentaux vont en profiter pour vendre leur machin « Africom » et autres tartes à la crèmes, véritables officines de renseignement et de domination. Ils vendent le « médicament » pour une maladie qu’ils ont eux-mêmes créés. Comme c’est curieux… ! Cette situation d’instabilité localisée et qui ne déborde pas les arrangerait-elle ?

L’ONU ce machin a encore une fois montré qui étaient ses chiens de garde. « Sa » résolution 1973 du 19 mars a été réduite en charpie, sans que ses dirigeants ne poussent des cris d’orfraies. Le doigt sur la couture du pantalon, ils ont attendus sagement que les choses se tassent ! L’UA a été réduite à ce qu’elle est : transparente et totalement inutile ! Seule l’Afrique du sud surnage courageusement.

La logique du pouvoir occidental ne se conçoit que dans l’asservissement ou la collaboration à sens unique. Que du mépris pour les autres. Cheik Hamidou Kane, sous les mots de la Grande Royale nous prévenait encore et toujours : « Il faut aller à l’école pour apprendre à vaincre sans avoir raison ». Vaincre sans avoir raison. Terrible !

L’Occident n’a pas fini de violer les règles. Il poursuit ses rapines. Et déjà les médias pointent l’Algérie. La Syrie ? Le compte à rebours est déjà bien enclenché il me semble !

France 24 et son sélectif “devoir d’oubli”

août 28, 2011 Laisser un commentaire

France 24 s’est faite volontiers ironique et condescendante : « A Bobo-Dioulasso, la capitale économique du Burkina, le président Blaise Compaoré et Mouammar Kadhafi sont pourtant encore debout, côte à côte, sur la place de L’Amitié arabo-burkinabé, immortalisés par d’imposantes statues. Et si la mairie de Bobo-Diaoulasso (ndla : écrit tel quel) a pris soin de faire évoluer son site Internet, expliquant que la statue du colonel libyen représente en fait “le roi d’Arabie saoudite”, elle a toutefois oublié de rectifier la fin de la phrase, qui fait désormais du roi Abdallah le “symbole de la bonne entente entre la Libye et le Burkina”… »

Ceci n’est pas plus ridicule que le “devoir d’oubli” que s’est imposé l’Élysée : http://owni.fr/2011/02/24/ces-photos-de-sarkozy-que-lelysee-voulait-cacher/. De cela, on s’est fait très pudique sur France 24. Les “démocraties occidentales” ne sont pas à un “devoir d’oubli” près.

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