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J’écris dans le ventre du monde

décembre 26, 2011 Laisser un commentaire

Dernière semaine, dernière ligne droite, dernier pli hebdomadaire avant de tourner la page 2011. Quelques mots à la volée avant cette échéance.

Je blogue dans le ventre du monde. J’écris. Des mots comme des grains sacrificiels de riz jetés à la mer. Sans espoir de récolte. Juste une dérive qui se passe de commentaires. Ma dérive sur un blog ouvert pour faire pièce à mon inertie.

J’écris dans le ventre du monde, ce world wide web. Je suis enfant de ce monde, aîné du web et des blogs. Dans l’océan des égos, je réclame ma part. Je suis l’écrivain de mes douleurs. Le certificateur de mes certitudes. La vigie de mes tourments.

J’écris dans la violence de ce monde. Sa résonnance n’a jamais été la mienne. Sur la pointe des pieds, derrière l’écran, j’y entends y mettre ma dissonance. Y faire part de mes interpellations. De prétentions en ambitions, de clics furieux en écoute mal assumée, je me suis replié. Les choses vont trop vite. De mon assurance à l’insignifiance des choses écrites, et faites, j’ai fait le compte de ma suffisance.

Au gré du temps et des vents, je me suis disputé avec mon clavier. Il a rythmé mes pulsions, donné corps à mes idées. Et là, je l’ai délaissé. Les jours ont défilé, ma petite voix se faisait de moins en moins singulière, mais de plus en plus irrégulière. Les jours ont défilé implacablement, le monde, lui, inébranlable, a déroulé sa litanie. Celle qui tire source dans la nuit des temps et qui promet de couler dans nos veines jusqu’à la fin des temps.

Des supermen, usurpateurs aux infinies illusions, prévaricateurs de serments, victimes du glissement de sémantique et de la raison du plus odieux (cf. la guerre en Libye), aux dieux des stades, toujours plus fous, plus hauts, tout n’est qu’éphémère. Et tout a été disproportionné.

Le fauteuil présidentiel est tapissé d’une cigüe dont l’ingénu postérieur présidentiel se sent immunisé (parce qu’il est l’Élu). Le président en veut toujours plus. Un mandat, deux, puis trois, puis, il s’affranchit de toute pudeur : boulevard ouvert. Pourquoi se gêner.

Pour un Mali qui marche sur ses deux jambes, combien de Burkina, de Sénégal, de Cameroun, de Tunisie, d’Égypte, de Bénin (je le vois venir le Boni avec ses gros sabots), de Gambie, de Gabon, de Togo, et j’en  passe ? Qu’ont-ils encore à nous donner, ces irréductibles, si ce n’est leur certaine déchéance physique au pouvoir ! Les images d’un corps sans vie que l’on traîne du côté de Syrte font exploser ma ligne de flottaison : « plus jamais cela ».

Tout n’est que prestidigitation. Tout n’est que théâtre. Dans les coursives, un monstre à plusieurs tête, maître es qualité de l’esbroufe et de l’entubage : l’occident si mal nommé « axe du bien ». Mais aussi, notre apathie générale. Qu’elle est palpable cette insignifiance.

2011, c’est aussi, un footballeur, enfant prophétique du Cameroun au prénom biblique qui s’élève au-dessus de la mêlée avec un revenu quotidien tiré de son activité principale (mettre la balle au fond d’un filet) de 35 millions de FCFA. Du sommet de mes prétentions et aspirations, j’ai le vertige. Je ne suis ni « l’élu », ni « choisi », ni « unique », ni membre d’une quelconque coterie ; je cumule à mon corps défendant tous les handicaps. Je suis ce petit moi qui surnage, qui résiste pis que la mauvaise herbe, vacillant devant mon impuissance à concevoir un demain au quotidien meilleur qu’aujourd’hui.

Ma parcelle de vérité qu’est ce blog est un champ décati. Je me suis pourtant promis d’y revenir. Je suis comme le paysan. Je suis le paysan en fait. Je sème à tout vent, ne sachant si les éléments seront cléments ; si la récolte, en bout de course, sera au rendez-vous. « Point besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer », j’ai bien retenu la leçon de mes maîtres. Mes mots, ces petits mots, qui content mes douleurs, seront livrés, d’inégales périodicités, valeurs et humeurs. Livrés et comptabilisés. Car, tout se pèse. Tout se compte. Surtout l’insignifiance !

Kadhafi condamné à mort par Washington et Paris

octobre 28, 2011 1 commentaire

Tel est le titre d’un article du « Canard Enchaîné » écrit par un des bonzes de l’hebdo satirique du mercredi, Claude Angeli. L’irrévérencieux palmipède est allé barboter dans les mares libyennes et nous revient avec un récit circonstancié. Kadhafi n’avait aucune chance. Comme dans les bons vieux westerns, c’était « dead or… dead » ! Vivant, Kadhafi aurait pu avoir envie de se confier (surtout qu’il aimait cela). Le genre de confidences que n’apprécieraient certainement pas les « leaders du monde libre qui ne fricottent pas avec des terroristes » (Ô sainte horreur !)

Les  instructions ont été fermes : « il faut livrer le colis à Renard ». C’est d’une poésie tout « sarkosienne » ça ! « À l’Élysée, on savait depuis la mi-octobre que Kadhafi et l’un de ses fils s’étaient réfugié à Syrte, avec gardes corps et mercenaires. Et Sarko avait chargé le général Benoit Puga, son chef d’état-major particulier, de superviser la chasse à l’ancien dictateur. Ce qu’il a fait en relation avec la « Cuve », le bunker souterrain où des officiers du CPCO sont en contact permanent avec tous les militaires engagés à l’étranger et les services barbouzards. À la DGSE comme à la DRM on ne se gêne pas d’ailleurs pour évoquer l’ «élimination physique »du chef libyen, à la différence des formules bien plus convenables employées par l’Élysée, s’il faut en croire un conseiller du Président ». (…)

« Mercredi, 19 octobre en fin d’après-midi, un colonel du Pentagone téléphone à l’un de ses correspondants au sein du service secret français. Chargé du dossier « Kadhafi », l’une des priorités actuelles des généraux de l’équipe Obama, l’Américain annonce que le chef libyen, suivi à la trace par des drones Predator US, est pris au piège dans un quartier de Syrte et qu’il est désormais impossible de le « manquer ». Puis il ajoute que laisser ce type en vie le transformerait en « véritable bombe atomique ». Son interlocuteur comprend ainsi que la maison Blanche a rendu son verdict, et qu’il faut éviter de fournir à Kadhafi la tribune internationale que représenterait son éventuel procès. (…) »

Le « Canard » ne publie pas d’articles sur son site. C’est un choix que je respecte. Alors si le sujet vous intéresse, je vous encourage à aller en kiosque acheter le numéro.

Kadhafi est mort parce que l’Afrique ne sait pas protéger ses fils et ses filles

octobre 20, 2011 Laisser un commentaire

Le cœur n’y est pas : l’issue était prévisible ; pas d’échappatoire possible. Le cœur  est serré par la nouvelle qui vient de tomber : l’assassinat de Kadhafi. Certes, au cours de sa carrière, cet homme fut loin d’être un ange. Mais quelle différence entre lui et les bouchers Bush ? Quelle différence entre lui et Sarkozy, copain le matin et Janus le soir ?

Le traitement médiatique de cette guerre d’abord et de ce crime ensuite, est symptomatique, typique de la veulerie. Un défoulement de haine avec l’emploi du mot outrageant : « dictateur ». La presse occidentale tire sur le défunt à boulets rouges. Tant de verbiages, de qualificatifs dépréciateurs utilisés pour faire oublier les compromissions d’hier ? Peine perdue ! Je me rappelle les avoir vus tous, les Sarko, les Blair, les Berlusconi, sans compter les chefs d’entreprise de Total, d’ENI, etc.,  aller à plat ventre dans le désert libyen quémander. Oui quémander de l’argent. Comme des ploucs. Comme des gueux. Aujourd’hui, ils veulent nous dire qu’ils ont toujours étés probes, constants, qu’ils n’ont jamais varié, qu’ils ont toujours voué le guide aux gémonies. Que cette guerre est la victoire de leur lucidité et de leur constance ? Allons donc…

Pourquoi une partie de l’humanité devrait-elle définir le droit, édicter les normes afin de les appliquer sur les moins nantis, les moins forts, ceux qui ont une autre couleur de peau, qui appartiennent à d’autres civilisations? Questions, questions, questions et beaucoup de tristesse. Au nom de quelle humanité, cette barbarie perdure ? Comme le disait Anouar El Sadate lors de sa visite historique à Jérusalem un jour de novembre 1997, « à la fin de ces affrontements, parmi les ruines de ce qui avait été édifié et parmi les victimes humaines, il ne peut y avoir ni vainqueur ni vaincu. L’éternel vaincu est l’homme, suprême création de Dieu » (je restitue de mémoire. Mille excuses, si la citation ne correspond pas mot pour mot à ce qui a été dit).

Bâtir des ponts, faire avancer l’humanité, ce n’est ni la politique de la terre brulée ni celle de « deux poids, deux mesures ».  Le pire, c’est que tout le monde sait que le CNT est pire que celui qui est parti en refusant de quitter la terre de ses ancêtres, celle qui l’a vu naître, renverser un pouvoir royal corrompu et mener une politique sociale progressiste. Le CNT ? Un ramassis d’exécuteurs des basses œuvres du défunt guide libyen ou des personnes plus radicales que ce que Kadhafi a montré de radical. Triste ! Pitoyable !

L’Afrique ne peut être contente. Elle ne protège ni ses fils ni ses filles. A toutes les échelles. Avis donc à ces présidents « élus démocratiquement » qui pensent que l’onction occidentale vaut canonisation éternelle : les précédents se multiplient.

Quelle « victoire » que le monde dit occidentalisé vient d’obtenir. Mais quelle « victoire » ! En vérité, il n’y a vraiment pas de quoi en être fier ! Pour cette partie du monde, ce monde dit « civilisé », cet « axe du bien », l’assassinat devient une méthode de règlement de conflits. L’actualité vient se mêler à cette guerre libyenne. Les guerres du monde occidental ont toujours été motivées par le gain. L’Italie, la Grande Bretagne, la France, etc.  sont dans une réelle panade financière. Leurs dirigeants pensent se refaire la cerise en se basant sur les richesses libyennes. Ils sauront faire rendre gorge à « leurs amis » du CNT.

Le jour où une mort va réparer le tort causé, l’humanité sera-t-elle rassasiée ?

Encore deux ou trois choses sur la Libye

septembre 9, 2011 2 commentaires

Réhabilitation du rôle et de la place de Kadhafi

On peut tout lui reprocher. Après 42 années au pouvoir, il est évident que le bilan se doit d’être contrasté en fonction des grilles de lecture. Et pourtant, contrairement à la majorité des chefs d’État africains, le peuple libyen a été le grand bénéficiaire des actions publiques du régime du Guide libyen. Sur le plan économico-social, même si tout n’est pas parfait, il ne reste pas moins que la Libye est classée dans le groupe des pays à développement humain élevé (53ème par le PNUD rapport 2010), devant l’Arabie Saoudite, le Mexique ou même la Fédération de Russie. La Libye est tout simplement le premier pays africain loin devant le deuxième pays africain, la Tunisie (81èmepays). Pourtant, le pays n’est que le 4ème producteur de pétrole en Afrique. Son taux d’endentement est largement inférieur à 5% du PIB (la France, les États-Unis ou encore le Japon sont hors concours, leur taux d’endettement dépassant les 80% ; 229% pour le Japon). Sa politique sociale a été pendant longtemps une des plus avant-gardiste au monde (avant l’embargo de 1986). Je suis prêt à parier qu’à l’heure actuelle et au final, la population ne gagnera pas au change. Bien au contraire !

Faillite des médias. De cela, nous sommes habitués mais pas immunisés

En temps de guerre, c’est bien connu l’information trépasse. La leçon est sue à chaque conflit. Mais rien n’y fait! Aucune leçon n’est retenue.Les historiens du présent ont encore failli. Entraîné par le toujours plus, ils ont versé tête première dans les âneries les plus ahurissantes et débilisantes. A force de manquer de nuance, leur parti pris est tellement gênant ! Unilatéralité des nouvelles et black-out sur ce qui se passe du côté des  ”gentils”. Rien ne filtre sur les atrocités commises par le CNT et les morts liés aux bombardements de l’OTAN. Silence radio également sur les fausses accusations d’emploi par le régime du Guide de mercenaires africains, de viols collectifs, d’emploi de Viagra, etc. Amnesty a fouillé, retourné, consulté, interrogé et a rendu la constatation suivante : « nous avons enquêté à fond sur la question des mercenaires africains, et nous n’avons découvert aucun fait pouvant étayer de telles accusations ». Trop tard. Le mal était déjà fait. La faux meurtrière des as des as de la désinformation et de la propagande avait déjà sévi, bien amplifiée par les réseaux sociaux terriblement complices. Le mal est fait : le Noir est assimilié à une bête sauvage ! Comme s’il avait besoin de cela en terre arabe (voir dernier paragraphe).

Des mercenaires certes mais pas une armée de mercenaires

Ces derniers temps, la radio qui se veut mondiale, RFI (Radio des Fausses Informations ?) pour « ne pas la nommer », multiplie les angles de vue sur ces « mercenaires » venus principalement des pays d’Afrique dite noire, limitrophes de la Libye. Montées mélodramatiques sur le calvaire vécu par cette engeance. Buzz assuré. Mais combien sont-ils ? Plusieurs recoupements font état de moins du millier. Avant la guerre et aux derniers chiffrages, l’armée libyenne comportait 116 000 hommes (dont 40 000 réservistes). L’apport des mercenaires dans l’armée libyenne est donc infinitésimal. Un journaliste un tant soit peu sérieux le sait. Mettre l’emphase sur le rôle joué par les  « mercenaires » venus « d’Afrique noire », c’est les indexer. Les mettre en première ligne. C’est tout sauf rendre service. Alors à quoi bon… ?

Boucheries en cours, génocide en vue ?

Last but not least, il y a actuellement des actes de barbarie commis par le CNT sur les populations négro-africaines. De sources plus que crédibles font état de regroupement d’hommes venant de pays d’Afrique subsaharienne dans des camps. Ils y subissent les pires sévices. A l’abri des regards. Le 26 août, plus de deux cents corps de Noirs ont été retrouvés dans un hôpital à Abu Salim. Le Juppé qui éructe un peu partout, a là de la matière. Le « saint » homme a déjà dans les pattes des précédents fâcheux : guerre en Bosnie, génocide au Rwanda. L’histoire serait-elle entrain de hoqueter ?