ADO et Soro maîtres danseurs sont dans la place, HKB en embuscade.
L’odeur qui se dégage des cuisines de l’exécutif ivoirien n’est pas des plus appétissantes. Elle a une senteur qui exhale la forte emprise de Guillaume Soro sur Alassane Dramane Ouattara (ADO). Et l’incapacité de ce dernier de s’en défaire. Face à l’empressement de bouter dehors l’enfant terrible de Mama, Laurent Ggagbo, toutes les alliances étaient admises ; surtout celles contre-nature.
L’épouvantail Laurent Gbagbo étant désormais hors de piste, le tête-à-tête inévitable entre les deux têtes de l’exécutif ivoirien ne peut que tourner à une bataille de positionnement. II ne peut y avoir qu’un capitaine en titre, quels que soient les liens d’amitié et/ou de sujétion. En politique, l’histoire des relations humaines est peuplée des reniements les plus spectaculaires. C’est d’un classique désespérant !
Le départ de « l’administration Gbagbo » et son remplacement par « celle » d’ADO (conglomérat épars de forces diverses et souvent opposées) n’a pas fait disparaître l’économie de prélèvement à laquelle se livraient les dites « ex-forces rebelles » dans le nord. Bien au contraire ! Les choses continuent comme si rien n’a changé. Elles se sont même aggravées puisque le rayon d’action concerne désormais tout le pays. Arrivés au pouvoir, les membres de « l’ex-rébellion » se livrent à une véritable économie de prédation ; en témoigne le partage de la capitale économique Abidjan entre les « com zone ».
Cette appétence pour l’argent des nouveaux venus déconcertent. Beaucoup de citoyens, amers, observent avec circonspection la course aux strapontins lancée par le nouveau pouvoir ; se demandant quand cette politique d’exclusion va enfin prendre fin ; car d’Henry Konan Bédié à Laurent Gbagbo, la république de Côte d’Ivoire n’a pas fait la preuve en la matière qu’elle coptait les fils et les filles les plus méritants. En dépit des dénégations, le pli est toujours là !
ADO a beau taper du pied, s’énerver, menacer, il se heurte à une indifférence « polie » de son premier ministre. Sous la couverture, de la friture également entre les dites « ex-forces rebelles » et l’armée régulière. Et puis… Et puis… Il y a entre les deux hommes, un contentieux. Cette terrible affaire : l’assassinat d’Ibrahim Coulibaly. IB, l’ancien garde du corps, exécuté sur l’autel d’intérêts mal placés.
Quelles sont les marges de manœuvre du président ivoirien ? Derrière Soro, ce qui inquiète et consterne, c’est la puissance de feu des forces de « l’ex-rébellion » alliée à son manque d’éthique. Au vu de ce qui se passe, un doute pudique est émis quand au véritable moteur du soulèvement de septembre 2002.
Comment évacuer ce Soro et sa bande sur qui pèsent de lourds soupçons (doux euphémismes). Ce sont tout sauf des enfants de chœur. C’est là qu’il est intéressant de noter la manœuvre des cercles concentriques. Des tiers non-ivoiriens (comme d’hab’) sont à la baguette pour donner les premiers coups. « Discrètement » – des échos parviennent à qui veut bien prêter l’oreille-, les Laurel et Hardy de l’ingérence (France et États-Unis) sont à pied d’œuvre pour faire gicler Soro and co. Laurel et Hardy ont changé de discours. Après avoir si complaisamment fermé les yeux, ces apprentis-sorciers semblent effrayés par la créature qu’ils ont si longuement couvée. Un peu tard tout de même ! Leurs foucades ne sont pour l’instant que des vœux pieux. Ce qu’ils susurrent à l’oreille d’ADO a beau sonner (aujourd’hui) juste, mais que veulent-ils qu’ADO fasse ? Dans l’état actuel des choses, c’est le pot de fer contre le port de terre.
Le deuxième axe de cette stratégie est la vente de la bagarre à des organisations non gouvernementales. La Côte d’Ivoire ? Du pain béni pour elles (surtout au niveau financier). Bientôt, nous allons entendre les ONG telles Amnesty International ou encore Humans Right Watch hausser le ton. Menacer. Documenter. Dévoiler. Dénoncer. Tant mieux. Car un camp ne serait prendre toute l’opprobre. Pour danser, il faut bien être deux ! Peut-être saisiront-elles par le bon bout « l’affaire IB » ?
Quant au PDCI, son silence interpelle. II ne dit rien qui vaille. A parier qu’il s’est mis en embuscade, comptant sur l’épuisement des deux rivaux pour tirer les marrons du feu. Pas sûr que ce soit la meilleure des stratégies. In fine, la greffe entre le RDR et le PDCI a-t-elle seulement pris ? Ah les rancœurs de famille. Elles sont éternelles !
En attendant, ADO et Soro me font penser à ceci :

