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Articles Tagués ‘Laurent Gbagbo’

ADO et Soro maîtres danseurs sont dans la place, HKB en embuscade.

août 30, 2011 Laisser un commentaire

ADO, Bédié, Soro, trois hommes et des coups fourrés (DR).

L’odeur qui se dégage des cuisines de l’exécutif ivoirien n’est pas des plus appétissantes. Elle a une senteur qui exhale la forte emprise de Guillaume Soro sur Alassane Dramane Ouattara (ADO). Et l’incapacité de ce dernier de s’en défaire. Face à l’empressement de bouter dehors l’enfant terrible de Mama, Laurent Ggagbo, toutes les alliances étaient admises ; surtout celles contre-nature.

L’épouvantail Laurent Gbagbo étant désormais hors de piste, le tête-à-tête inévitable entre les deux têtes de l’exécutif ivoirien ne peut que tourner à une bataille de positionnement. II ne peut y avoir qu’un capitaine en titre, quels que soient les liens d’amitié et/ou de sujétion. En politique, l’histoire des relations humaines est peuplée des reniements les plus spectaculaires. C’est d’un classique désespérant !

Le départ de « l’administration Gbagbo » et son remplacement par « celle » d’ADO (conglomérat épars de forces diverses et souvent opposées) n’a pas fait disparaître l’économie de prélèvement à laquelle se livraient les dites « ex-forces rebelles » dans le nord. Bien au contraire ! Les choses continuent comme si rien n’a changé. Elles se sont même aggravées puisque le rayon d’action concerne désormais tout le pays. Arrivés au pouvoir, les membres de « l’ex-rébellion » se livrent à une véritable économie de prédation ; en témoigne le partage de la capitale économique Abidjan entre les « com zone ».

Cette appétence pour l’argent des nouveaux venus déconcertent. Beaucoup de citoyens, amers, observent avec circonspection la course aux strapontins lancée par le nouveau pouvoir ; se demandant quand cette politique d’exclusion va enfin prendre fin ; car d’Henry Konan Bédié à Laurent Gbagbo, la république de Côte d’Ivoire n’a pas fait la preuve en la matière qu’elle coptait les fils et les filles les plus méritants. En dépit des dénégations, le pli est toujours là !

ADO a beau taper du pied, s’énerver, menacer, il se heurte à une indifférence « polie » de son premier ministre. Sous la couverture, de la friture également entre les dites « ex-forces rebelles » et l’armée régulière. Et puis… Et puis… Il y a entre les deux hommes, un contentieux. Cette terrible affaire : l’assassinat d’Ibrahim Coulibaly. IB, l’ancien garde du corps, exécuté sur l’autel d’intérêts mal placés.

IB, un cadavre qui devrait ressortir du placard (DR)

Quelles sont les marges de manœuvre du président ivoirien ? Derrière Soro, ce qui inquiète et consterne, c’est la puissance de feu des forces de « l’ex-rébellion » alliée à son manque d’éthique. Au vu de ce qui se passe, un doute pudique est émis quand au véritable moteur du soulèvement de septembre 2002.

Comment évacuer ce Soro et sa bande sur qui pèsent de lourds soupçons (doux euphémismes). Ce sont tout sauf des enfants de chœur. C’est là qu’il est intéressant de noter la manœuvre des cercles concentriques. Des tiers non-ivoiriens (comme d’hab’) sont à la baguette pour donner les premiers coups. « Discrètement » – des échos parviennent à qui veut bien prêter l’oreille-, les Laurel et Hardy de l’ingérence (France et États-Unis) sont à pied d’œuvre pour faire gicler Soro and co. Laurel et Hardy ont changé de discours.  Après avoir si complaisamment fermé les yeux, ces apprentis-sorciers semblent effrayés par la créature qu’ils ont si longuement couvée. Un peu tard tout de même ! Leurs foucades ne sont pour l’instant que des vœux pieux. Ce qu’ils susurrent à l’oreille d’ADO a beau sonner (aujourd’hui) juste, mais que veulent-ils qu’ADO fasse ? Dans l’état actuel des choses, c’est le pot de fer contre le port de terre.

Le deuxième axe de cette stratégie est la vente de la bagarre à des organisations non gouvernementales. La Côte d’Ivoire ? Du pain béni pour elles (surtout au niveau financier). Bientôt, nous allons entendre les ONG telles Amnesty International ou encore Humans Right Watch hausser le ton. Menacer. Documenter. Dévoiler. Dénoncer. Tant mieux. Car un camp ne serait prendre toute l’opprobre. Pour danser, il faut bien être deux ! Peut-être saisiront-elles par le bon bout « l’affaire IB » ?

Quant au PDCI, son silence interpelle. II ne dit rien qui vaille. A parier qu’il s’est mis en embuscade, comptant sur l’épuisement des deux rivaux pour tirer les marrons du feu. Pas sûr que ce soit la meilleure des stratégies. In fine, la greffe entre le RDR et le PDCI a-t-elle seulement pris ? Ah les rancœurs de famille. Elles sont éternelles !

En attendant, ADO et Soro me font penser à ceci :

Bombardements sur Laurent Ggabgo : de l’acharnement thérapeutique

avril 6, 2011 Laisser un commentaire

Se rendra-t-il ? Ne se rendra-t-il pas ? Sera-t-il pris mort ou vif ? Va-t-il se suicider ? Va-t-il finalement le signer ce foutu papier où il reconnaît la victoire de son pire ennemi ? Diantre ! Les spéculations sur ce que va faire le boulanger dans le pétrin pleuvent drues comme les balles sur la résidentielle présidentielle ivoirienne. A ceux qui comme moi, s’étonnent de l’importance d’un tel papier, il est invariablement répondu : « Tu ne comprends pas. C’est important. C’est symbolique ». Je ne suis pas général. Encore moins militaire. Mais perso, j’aurai fait le blocus autour des positions tenues par Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara l’avait prédit : «il (son meilleur ennemi) tombera comme un fruit mûr ». Manifestement, il y a des fruits mûrs qui préfèrent pourrir sur l’arbre. Tant pis pour eux !

Certes la prédiction « ouattarienne » ne s’est pas entièrement réalisée mais quand même, l’enfant de Dimbokro est maintenant plus proche que jamais du palais présidentiel. Il peut même sentir l’odeur de peur qui règne derrière ces portes closes… Un féroce blocus, avec brouillage des télécoms, coupure des lignes de ravitaillement, et dans moins de 10 jours, je prévois des mines défaites et blafardes qui sortiront du camp Gbabgo, littéralement exténuées. En somme, lui faire le coup du désormais célèbre Hôtel du Golf (curieux tout de même comment dans toute tragédie africaine, l’hôtel y joue un rôle central) avec les rôles inversées. La roue tourne !

A cette idée, il m’a été répondu par les stratèges es cyberguerre: « Tu n’y penses même pas. Il est démoniaque le bougre. Et puis, il faut lui faire peur. Qu’il ait plus que la trouille de sa vie ». Effectivement ! De l’acharnement thérapeutique en somme. Bien trouvé ! Il n’empêche : un beau et simple blocus, cela a tout de même de l’allure et surtout est moins coûteux en vie humaine. Et pendant ce temps, Alassane Ouattara peut faire autre chose. De plus utile que de consacrer temps et énergie au cas Gbagbo qui finira par tomber. Nous avons bien attendu 4 mois. Alors pourquoi se presser et plonger les abidjanais dans une prise d’otage qui ne dit pas son nom ?

 

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Blaise Compaoré : « les anges » sont armés

avril 1, 2011 Laisser un commentaire

Ah qu’il a dû trouver l’exercice pénible et torturant ! Lui le piètre orateur. Lui qui fuit comme la peste la lumière, préférant les lueurs sombres des couloirs, propices aux basses manœuvres, il n’a pas le choix : il lui faut mettre la main dans le cambouis et apparaître comme une cible. Ah, lui qui n’aime pas la contrainte, lui le timide, il fallait que l’instant soit bien important, pour qu’il se résolve à affronter ainsi le regard des uns, et le jugement des autres. Mais surtout pour qu’il parle. Que l’on y pense : la communication est l’antithèse du personnage. Le mutisme est consacré comme mode de gestion. Il est perçu pour beaucoup comme un trait de génie du personnage. La vérité est, il me semble, plus triviale : l’homme n’a rien à dire. Il n’a jamais été dans l’expression, tout occupé par la célébration de sa réussite et les arrangements pour « gagner encore plus ».
A l’heure où il lui faudrait savourer dans toute sa saveur son triomphe face au crépuscule de l’honni, Laurent Gbagbo, ne voilà-t-il pas que de simples soldats viennent troubler l’ordonnancement bien réglé de son agenda. « Pour une affaire de fesse » comme l’a titré plusieurs médias. Les femmes ? Avec l’argent, la double clé du pouvoir local. Plus que tout, Blaise Compaoré aime les intrigues et les chausse-trapes. Plus que tout, il aime de fait avoir la maîtrise de l’agenda. La séquence est mal réglée : il aurait dû porter un toast (au champagne son péché mignon) au départ de l’honni. Mais voilà que la plénitude n’est pas entière. Chienne de vie !
Le destin est d’autant plus méchant avec Blaise Compaoré qu’il s’adresse à la nation le 30 mars. 30 mars consacré depuis une dizaine d’années, « Journée du pardon ». Journée devant avoir réglé tous les problèmes liés à l’impunité et à la « mal gouvernance ». Tu parles mon général ! 10 années après, la situation est pire. Manifestement, ce « bégaiement » de l’histoire est pleinement sous-estimé.
Blaise Compaoré est l’archétypique de l’aspirant politique, ayant fait de Machiavel, le fil conducteur de son comportement. L’homme est d’un naturel anxieux ; un grand jouissif des choses de la vie, pleinement convaincu que la fin justifie les moyens. Le fringuant capitaine sur-jouait de sa faconde lors de période révolutionnaire. Près de 30 années après, il a ajouté à sa séduction naturelle, celles que confèrent le pouvoir et la richesse. Séduction, duplicité ? Docteur Blaise et Mister Compaoré sont dans la place.
Comme tout politique ou homme de pouvoir, il fait de la séduction son atout numéro un pour amener les récalcitrants à sa table afin de les occire toute garde baissée. Le scénario a été de tout temps invariable. Combien sont-ils ceux et celles-là qui ont été éjecté de la table du roi, et qui le vivent pis qu’un dépit amoureux ? Mais le charme a un temps, surtout quand au fil des événements et de leurs piètres résultats, les recettes et le discours devient férocement éculés.
Que l’on ne s’y trompe pas. Blaise Compaoré est un prédateur qui n’attaque jamais en position où il n’est pas sûr de gagner. Plus il sourit, plus nous sommes en danger. Il connaît parfaitement ses moments de faiblesses et ceux où il peut enfin jouer des muscles. Il sait adapter son discours aux circonstances. Que ceux qui lui tiennent tête profitent de leur moment pour acquérir des avantages définitifs.

Tout séducteur est un rancunier. Blaise Compaoré plus qu’un autre. Les offenses sont prises pour pis qu’elles ne sont. Son moteur de vie : les humiliations de son enfance. Elles l’ont façonné et porté.
Tout félin est un peureux et un pragmatique. Quelles qu’aient été les turbulences sociales passées, les atteintes les plus fragrantes aux droits les plus élémentaires, Blaise Compaoré y a répondu par le mutisme le plus insultant. En moins de 7 jours, il s’est auto-flagellé pour discourir sur les derniers évènements dont évidement il en a saisi « le sens et la portée de la quête de bien-être, de vérité, de justice et de sécurité qui sous-tendent certaines manifestations».». Le tout est dans le « certaines ». Au royaume des cieux, il y a les anges et les démons. Et dans la version « blaisienne », les anges sont armés.
Tout séducteur est au fond un complexé qui a besoin de l’autre. Tout séducteur est un grand susceptible. Blaise Comparé plus qu’un autre. Je verse au dossier cet extrait d’un des fameux câbles de Wikileaks sur la raison ayant fait parachuter Dadis Camara au Burkina : « Selon les Américains, le roi du Maroc craint alors que Compaoré, vexé de n’avoir pas été associé aux discussions du 5 janvier, ne veuille torpiller la solution adoptée par Paris, Rabat et Washington ».
Que dire du discours servi afin de répondre à cette « agitation sans précédent » des troupes ? Dans notre lucarne cathodique, l’homme faisait peine à voir. Peu à l’aise dans ses baskets, son corps montrait à quel point, il aura voulu être à mille lieux ailleurs. Au final, Blaise Compaoré a fait du Blaise Compaoré. Une impression de déjà entendu, de creux et de vide. De mots alignés au petit bonheur « les circonstances ». Et une vérité qui s’ancre de plus en plus : cette incapacité à agir sur le réel.
La gêne surnage encore et toujours: « faible avec les forts et fort avec les faibles » selon l’expression préférée de Louis de Funès pour expliquer son personnage. Une vraie tartufferie. Sauf qu’il s’agit ici de la gestion d’un pays. Et qu’en l’occurrence, le premier des burkinabè persiste à démontrer que les rapports de force déterminent son implication et son intérêt à la question. Et surtout, tout se ramène à l’argent (cela est greffé dans son ADN). Tout s’achète. Il suffit juste d’en mettre le prix. Le fils, en héritier fidèle de son père spirituel, feu Félix Houphouët Boigny. Fidèle ? Non ! Pas tout à fait ! Là ou le « vieux » distribuait largement peu importe la chapelle politique, Blaise Compaoré fait dans le clanique et l’ostracisme : ne peuvent bénéficier de prébendes que ceux et celles qui font allégeance ; hors de cela, point de salut !
Mais des affidés pareils ne pèsent pas. Ne valent rien en temps de crise comme maintenant. Qui a entendu un membre de son fan-club parler (ou même plus cruel, qui en a vu lever le petit doigt afin de demander la parole) ? Des soutiens pareils ne valent pas tripette ! La dissidence dans les rangs du pouvoir n’est pas loin. Les Voltaïques étaient connus : des hommes et des femmes d’honneur. Le Burkinabè est tout aussi connu : il ne livre pas de combat perdu d’avance.