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Robert a vu Blaise la main dans le djembé, et Dominique lui a dit…

septembre 12, 2011 5 commentaires

Blaise Compaoré, Jacques Chirac et feu Omar Bongo entraînés dans un sacré jeu de quille par Robert Bourgui, bras armé de la politique officieuse africaine (celle qui compte) de Sarkozy (DR).

La chute du post « Villepin, vol sur un lit de djembés et de billets » posait les questions suivantes :

  • Intox de Pierre Péan et de sa maison d’édition pour faire le buzz et vendre leur soupe ?
  • Intox du fait des échéances électorales à venir en France ?
  • Qui sont les présidents africains concernés, feu Omar Bongo étant hors-concours (son nom dans ce genre de choses étant l’évidence même) ?

Il n’aurait pas fallu longtemps avant que le mystère sur la 3ème interrogation ne fasse pschitt ! Et comme par hasard, c’est Robert Bourgi, le représentant officieux de Nicolas Sarkozy en politique africaine, qui dégaine lors d’une interview au Journal du Dimanche. Sans ciller et foin du devoir de réserve, il donne le nom de ces chefs d’État qui ont eu à financer Jacques Chirac et Dominique de Villepin pour la campagne présidentielle de 2002. Le Quinté gagnant est dans le désordre: Blaise Compaoré, Laurent Gbagbo, Abdoulaye Wade, Denis Sassou Nguesso et bien sûr feu Omar Bongo. Chacun de ses messieurs y allé de sa « cota » ; « cota » minimale de 3 millions de dollars soit un geste de près de 2 milliards de FCFA (à l’époque) tout de même.

Au sujet de Blaise Compaoré, Robert Bourgi a cette anecdote que chacun appréciera comme il veut : «  Un exemple qui ne s’invente pas, celui des djembés (des tambours africains). Un soir, j’étais à Ouagadougou avec le président Blaise Compaoré. Je devais ramener pour Chirac et Villepin 3 millions de dollars. Compaoré a eu l’idée, “connaissant Villepin comme un homme de l’art”, a-t-il dit, de cacher l’argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu’à l’Élysée. C’est la seule fois où j’ai pu me garer dans la cour d’honneur! C’était un dimanche soir et je suis venu avec un émissaire burkinabais, Salif Diallo, alors ministre de l’Agriculture. Je revois Villepin, sa secrétaire, Nadine Izard, qui était dans toutes les confidences, prendre chacun un djembé, devant les gendarmes de faction… Les tams-tams étaient bourrés de dollars. Une fois dans son bureau, Villepin a dit : “Blaise déconne, c’est encore des petites coupures!” »

Au-delà du buzz, il y a une recherche de la vérité qui s’impose. Parce que ce ne sont pas des cacahouètes qui sont en jeu ! Cette affaire lancée la semaine dernière à l’occasion de la parution du dernier Péan n’a pas encore connu les honneurs de la presse burkinabè. J’ai ausculté les pages des journaux, fureté sur le net, rien. Une indifférence totale. Pourtant, dès les premières infos connues, un esprit un moindre suspicieux pouvait prévoir que des doigts allaient être pointés vers Blaise Compaoré. Proximité de Villepin donc de Jacques Chirac oblige ! Pour le moment, ce qui prend surtout la tête des journalistes du coin, c’est la supposée présence de généraux libyens au Faso. Pas mal… !

Là aussi, pour ce post, j’ai ma petite liste de question :

  • Pourquoi embarrasser Blaise Compaoré avec une pareille affaire ? Certes la cible principale est Dominique de Villepin, mais pourquoi projeter en pleine lumière le nom du président du Faso ?
  • Comment l’opinion burkinabè (opposition incluse) va se saisir de la question ? Va-t-elle (devrait-elle) constituer un enjeu prioritaire dans le débat politique ? Au Sénégal, certains ont déjà demandé des éclaircissements. Mais le Burkina, n’est pas le Sénégal n’est-ce pas !

Hosni Moubarak et Jacques Chirac, un oui, l’autre non

septembre 5, 2011 Laisser un commentaire

Hosni Moubarak attrait par tous les moyens devant la justice de son pays (DR).

L’actualité médiatique de ce lundi offre deux procès. Deux images. Deux hémisphères. Deux manières de traiter un homme d’État. Les deux se disent malades ou sont déclarés inaptes par leur entourage. Dans l’un, nous avons l’image d’un homme humilié. Dans l’autre, celle d’un homme que l’on veut protéger. François Mitterrand a eu des mots très durs pour le cirque médiatique. Pour décrire ce qui se passe sous nos yeux avec Hosni Moubarak, il aurait certainement ajouté : « jeté en pâture ». Quant à l’indulgence médiatique dont bénéfice son successeur…

Manifestement, les Égyptiens ont moins de prévenance que les Français. Hosni Moubarak est malade. Très malade si on en juge le dispositif médical l’entourant. Certains estiment toutefois qu’il simule afin d’échapper à son procès. En tout état de cause, la justice de son pays a décidé d’aller de l’avant. Vrai malade ou malade imaginaire, l’ancien raïs de 83 ans est trainé, ligoté sur une civière afin qu’il soit partie prenante de la pièce juridique qui se déroule, pièce dont il fait partie des premiers concernés. Président de l’Égypte pays pendant 30 ans. Ayant fait et défait bien de carrières. Rien ne doit lui être épargné.

Jacques Chirac absent à son procès, c'est comme un plat sans épices (DR).

Pendant ce temps, du côté de chez Chirac, on se tâte. Viendra, viendra pas ? Amnésie feinte ou réelle ? Alzheimer ou pas ? Pour ne pas écrire le mot qui fâche, le Journal du Dimanche use même d’une nuance inédite : Jacques Chirac souffre d’anosognosie.

De gauche à droite du spectre politique et médiatique, un consensus se dégage : « laissons Jacques Chirac tranquille ». La classe politique à l’unanimité se déclare “émue” par son sort. Le spectacle de la déchéance physique et intellectuelle du « grand Jacques » ne doit pas être médiatisé. Pas de Chirac à l’audience donc. Pas d’image de lui, le représentant affaibli. Tel qu’il est aujourd’hui à 78 ans. Certains nous rassurent : Jacques Chirac ne fuit pas la justice. « Il veut être jugé mais sa santé physique ne lui permet pas ».

Dans un cas, il y a crimes économiques et crimes de sang. Un des libellés prononcés à l’encontre de Moubarak fait état de « meurtre et tentative de meurtre sur les personnes des manifestants, abus de pouvoir et de biens sociaux et atteinte aux intérêts de l’État ». Dans l’autre, crimes économiques, dans une affaire d’emplois fictifs. Mais dans les deux cas, il y a le terme « crime ! ». En filigrane, pointe la notion d’équité, de différence de traitement. Si Jacques ne s’appelait pas Chirac, allait-il bénéficier, a priori, de pareille absolution médiatique ?