
Amis un jour. Ennemis toujours. (DR : http://www.zonz-artiste-peintre.com/dessins/dessin-sarkozy-kadhafi-copains-davant/)
A la régulière, ils ne savent pas gagner. En tout, ils rusent, maraudent, finaudent et s’arrogent le droit d’être juges, censeurs et partie prenantes. La normalité doit découler de leurs règles. La dissonance est admise tant qu’elle vient d’eux. Les règles du jeu varient en fonction de leur score. Est-il en leur faveur, aucun problème, la partie doit continuer. Dans le sens contraire, on ne joue plus !
Le sens de l’honneur, le respect de la parole donnée sont hors programme ! Depuis que l’histoire nous est enseignée, nous avons été témoins de leurs variations, guidées par leurs seuls intérêts matériels. Ils font de leur histoire, une singularité et de leurs crimes, une exception. Quand ils ont fini de presser le jus, ils jettent le citron sans remords. La triste et sordide actualité libyenne me rappelle à quel point, il n’y a pas de « jeu » possible.
Il y a moins de 4 ans (une éternité dans le temps médiatique), Sarkozy accordait toutes les largesses à son « alors ami » Kadhafi. Au cours de cette visite, le président français aura avalé plus que des couleuvres (la cerise sur le gâteau fut cette tente plantée en plein cœur de la capitale). Humilié, le Sarko se devait de faire payer l’impertinent. Mais il n’était pas le seul à en vouloir au leader libyen. En allant des USA, à l’Écosse, en passant par la Grande-Bretagne et Israël, la liste ne comporte que des « poids lourds ». On se croirait dans une cour de récréation fasse à des gamins, « tu m’as fait mal, ben tu vas avoir mal aussi. Attends ! » ou dans les “bons vieux western. Et là pas de règle. Tous les moyens sont bons. Et la jouissance est à la mesure de l’humiliation endurée. La disparation d’Oussama Ben Laden en témoigne.
L’issue libyenne était prévisible. L’Occident ne pouvait se payer une humiliation face au guide et à sa capacité de nuisance. Je mesure à quel point le Vietnam, l’Indochine, l’Afghanistan, la Somalie ont été des traumatismes. La guerre en Libye, tout comme en Côte d’Ivoire d’ailleurs (pour parler des derniers engagements), a permis de remettre au goût du jour la règle surannée de la division du travail du temps de l’oppression. En première ligne, le (militaire) occidental qui ne fait pas dans le détail : il casse tout. Puis les autres plaqués (tout le monde voit de qui il s’agit) qui sortent de derrières les bois et capturent le gibier.
« Sans un ultime coup de pouce fourni par l’aviation américaine, les insurgés ne seraient pas aujourd’hui dans les rues de Tripoli », selon un agent de la Direction française du renseignement cité par le Canard Enchaîné. Le 22 août, l’OTAN a détruit ou endommagé 22 cibles. Le lendemain, elle passe la surmultipliée : 50 bombardements. A cela, il faut ajouter, 228 missiles de croisière, des milliers de bombes, 8 500 américains, 1 300 britanniques, 800 français (source Canard Enchaîné du 24 août). Sans compter les conseillers militaires, instructeurs, et autres membres de troupes spéciales.
Dans un entretien accordé à Marianne, Rony Brauman, ancien président de Médecin Sans Frontières (MSF) met les pieds dans le plat : “Cette guerre a été voulue par les chefs d’Etat et de gouvernement français et britannique pour des raisons largement liées à leur situation politique intérieure. Croyez-vous vraiment que la démocratie en Libye est l’enjeu primordial pour le Qatar ? Et qui nous permet d’affirmer que l’attachement à la démocratie et aux droits de l’homme a été la seule motivation de la France ?”
De cela, les médias dits “traditionnels” se font peu l’écho. Tout comme de ce qui se passe du côté des « rebelles » en termes de violations et de crimes. Normal, tout cela ne va pas dans “le sens commun”. La politique des deux poids deux mesures est une vielle spécialité occidentale. Le « non-conventionnel », les chevaux de Troie et la désinformation ont été les cartes décisives pour faire tomber le régime libyen.
Ce qui crève les yeux, c’est que sont les compagnies pétrolières qui en sortent grandes gagnantes. Le cours de Total est ainsi au plus haut depuis. Les perdants ? Comme dans toute guerre, la population. La stabilité régionale. Ce n’est pas pour rien que le Mali d’ATT est plus que gêné par cette nouvelle donne. Que des armes aient « fuité » et se retrouvent aux mains de groupes au dessein inavouables, les occidentaux s’en foutent royalement. La politique de la terre brulée et la chasse au guide justifient tout ! Même la déstabilisation des États. On le voit en Irak et en Afghanistan pour faire état des exemples les plus emblématiques. Pas besoin de parier que les occidentaux vont en profiter pour vendre leur machin « Africom » et autres tartes à la crèmes, véritables officines de renseignement et de domination. Ils vendent le « médicament » pour une maladie qu’ils ont eux-mêmes créés. Comme c’est curieux… ! Cette situation d’instabilité localisée et qui ne déborde pas les arrangerait-elle ?
L’ONU ce machin a encore une fois montré qui étaient ses chiens de garde. « Sa » résolution 1973 du 19 mars a été réduite en charpie, sans que ses dirigeants ne poussent des cris d’orfraies. Le doigt sur la couture du pantalon, ils ont attendus sagement que les choses se tassent ! L’UA a été réduite à ce qu’elle est : transparente et totalement inutile ! Seule l’Afrique du sud surnage courageusement.
La logique du pouvoir occidental ne se conçoit que dans l’asservissement ou la collaboration à sens unique. Que du mépris pour les autres. Cheik Hamidou Kane, sous les mots de la Grande Royale nous prévenait encore et toujours : « Il faut aller à l’école pour apprendre à vaincre sans avoir raison ». Vaincre sans avoir raison. Terrible !
L’Occident n’a pas fini de violer les règles. Il poursuit ses rapines. Et déjà les médias pointent l’Algérie. La Syrie ? Le compte à rebours est déjà bien enclenché il me semble !