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Archive de la Catégorie ‘Vite dit’

Éthique gouvernementale : acte 1, prise 2

octobre 31, 2011 2 commentaires

Sur ce blog, il a été fait état des deux râteliers d’un ministre. Finalement, Zacharia Tiemtoré n’est plus Directeur Général du groupe IAM (Institut Africain de Management), basé à Dakar (et qui a une filiale au Burkina). Tant mieux ? Vraiment pas. Il reste toujours au sein du groupe IAM, en tant que Président du Conseil d’Administration. Précisons que ce dernier est actuellement Ministre délégué chargé de l’alphabétisation. Le fait d’être Ministre et Président du Conseil d’Administration d’un groupe privé (fonction dont il en tire bien d’avantages je suppose), est-ce de l’indélicatesse ou pas ? Un manque de jugement ?

Kadhafi condamné à mort par Washington et Paris

octobre 28, 2011 1 commentaire

Tel est le titre d’un article du « Canard Enchaîné » écrit par un des bonzes de l’hebdo satirique du mercredi, Claude Angeli. L’irrévérencieux palmipède est allé barboter dans les mares libyennes et nous revient avec un récit circonstancié. Kadhafi n’avait aucune chance. Comme dans les bons vieux westerns, c’était « dead or… dead » ! Vivant, Kadhafi aurait pu avoir envie de se confier (surtout qu’il aimait cela). Le genre de confidences que n’apprécieraient certainement pas les « leaders du monde libre qui ne fricottent pas avec des terroristes » (Ô sainte horreur !)

Les  instructions ont été fermes : « il faut livrer le colis à Renard ». C’est d’une poésie tout « sarkosienne » ça ! « À l’Élysée, on savait depuis la mi-octobre que Kadhafi et l’un de ses fils s’étaient réfugié à Syrte, avec gardes corps et mercenaires. Et Sarko avait chargé le général Benoit Puga, son chef d’état-major particulier, de superviser la chasse à l’ancien dictateur. Ce qu’il a fait en relation avec la « Cuve », le bunker souterrain où des officiers du CPCO sont en contact permanent avec tous les militaires engagés à l’étranger et les services barbouzards. À la DGSE comme à la DRM on ne se gêne pas d’ailleurs pour évoquer l’ «élimination physique »du chef libyen, à la différence des formules bien plus convenables employées par l’Élysée, s’il faut en croire un conseiller du Président ». (…)

« Mercredi, 19 octobre en fin d’après-midi, un colonel du Pentagone téléphone à l’un de ses correspondants au sein du service secret français. Chargé du dossier « Kadhafi », l’une des priorités actuelles des généraux de l’équipe Obama, l’Américain annonce que le chef libyen, suivi à la trace par des drones Predator US, est pris au piège dans un quartier de Syrte et qu’il est désormais impossible de le « manquer ». Puis il ajoute que laisser ce type en vie le transformerait en « véritable bombe atomique ». Son interlocuteur comprend ainsi que la maison Blanche a rendu son verdict, et qu’il faut éviter de fournir à Kadhafi la tribune internationale que représenterait son éventuel procès. (…) »

Le « Canard » ne publie pas d’articles sur son site. C’est un choix que je respecte. Alors si le sujet vous intéresse, je vous encourage à aller en kiosque acheter le numéro.

Pot-pourri du 15-octobre

octobre 18, 2011 1 commentaire

Un problème de définition

15 octobre 1987 – 15 octobre 2011, 24 années que l’intérimaire capitaine Blaise Compaoré squatte toujours le fauteuil présidentiel. Celui qui disait ne pas vouloir s’éterniser enfile les années au pouvoir comme d’autres les années de peine. A lui seul, Blaise Compaoré totalise autant d’années d’exercice que les 5 autres présidents que le pays aura connu (le pays a fêté l’année dernière le 50ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale). Pour quelqu’un qui ne faisait que passer et qui était pressé de rendre le pouvoir, il y a comme qui dirait « un léger bug ».

Blaise le monarque

Un des problèmes que j’ai avec le régime en place est la manière dont le pouvoir s’incarne : pas d’humilité, un ostracisme des plus caricaturaux, des manières de faire qui renvoient à la monarchie. Un exemple parmi mille : en 24 années, combien de fois Blaise Compaoré s’est-il rendu de manière spontané en province, histoire d’échanger avec ses concitoyens ? Ne cherchez pas : zéro fois. C’est tout dire. Aucune connexion avec son peuple. Aucune. C’est d’une tristesse infinie. Le paysan de la Léraba, le berger du Soum, le cultivateur du Gourma, le fonctionnaire de Koupéla, Kantchari, l’entrepreneur de Koungossi, le citoyen de Koudougou ou de Sabou, n’ont pas de président. Un monarque oui. Mais pas de président. De temps à autre, le monarque Compaoré daigne faire l’obole d’un regard ; d’un espace temps forcément généreux dans son agenda hyper-chargé de médiateur courru à « réputation internationale ». Jamais il ne quittera son palais pour aller à leur rencontre, s’assoir avec eux, prendre l’information en dehors des foras et des figures imposées que peut-être la journée du paysan. Blaise Compaoré est-il aimé ? Ou essentiellement craint ?

24 ans au pouvoir. Il faudra bien partir un jour. Que retenir ?

L’histoire qui s’écrit au quotidien trace le sillon. Quelle empreinte la mémoire collective burkinabè gardera-t-elle de ce long, très long règne de Blaise Compaoré ? Une des clés va résider dans sa capacité à transmettre le pouvoir. Rares sont les hommes d’État (tout comme les entrepreneurs d’ailleurs) à savoir transmettre le flambeau. Résultat, à leur mort, l’œuvre périclite ! Blaise Compaoré s’estimait intouchable. Les différents mouvements l’ont fait vaciller. Ses certitudes ont été atteintes de plein fouet. Cela est palpable. Cela est visible. Il le sait. Nous le savons ! Espérons qu’il en tire les conséquences.

Au Faso, plus on creuse, plus ce pouvoir sonne faux.

Le pouvoir Compaoré, c’est tout de même l’impunité. Le jeu de cache-cache avec la vérité et la transparence. Le maquillage. Le vernis démocratique. Un système qui promeut le copinage et met en exergue l’irresponsabilité. Personne n’est jamais sanctionné puisque personne n’a jamais commis de faute et que tout le monde est lié. L’ambassadeur des États-Unis peut en témoigner : les autorités de ce pays savent adapter leurdiscours à ce que veulent entendre les acteurs, notamment les « partenaires au développement ». La variable démocratique mise en exergue au Burkina, ce sont les élections qui se tiennent régulièrement. Pour ceux qui savent, c’est largement insuffisant. Au Faso, plus on creuse, plus ce pouvoir sonne faux. Ce n’est plus la terre des hommes intègres.

Mort de Sankara, situation de nos pays : tous coupables ?

octobre 18, 2011 8 commentaires

Samedi 15 octobre 2011. Je participe à une session de renforcement de capacités. Le formateur nous entretient de la raison de notre présence, ce samedi. Mais aussi d’autres choses. De quoi peuvent bien parler des Burkinabè un 15 octobre ? De la mort du Capitaine Sankara par exemple ? Bingo, en plein dans le mille ! Et soudain la charge très violente de Clément. 24 ans en décembre 2011. Autant dire que le Capitaine, il l’a connu par procuration. Il s’en est fait une légende. Son réquisitoire est lapidaire et sévère : «  c’est la faute à votre génération si non seulement Thomas est mort mais si aussi le Burkina en est aujourd’hui à ce stade ». J’en ai été groggy ! Je le suis d’ailleurs encore. Que veut-il de plus ce Clément que nous fassions ? Est-il juste de nous faire porter le fardeau ? Rentré chez moi, j’engage une conversation avec une internaute, Pretty Zoely. Le sujet porte sur comment faire en sorte de changer positivement les choses ? Comme elle le dit si joliment : « le blog ça défoule mais ça ne suffit plus ».  Clément, Zoely, deux mondes. Deux exigences. Compatibles : rendre demain meilleur passe par nous tous. Mais comment ? Question sur la table.