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Bonne et Heureuse Année (Mario Pelchat)

décembre 31, 2011 1 commentaire

Bonne et Heureuse Année

A tous ceux qui n’ont rien dans les bras que les battements tristes et gratuits dont les yeux brillent de toutes les larmes retenues, dont le front résonne de coups atroces et silencieux, dont les paroles ne traduisent plus les pensées parce que ces pensées sont douloureuses.

Bonne et Heureuse Année

A tous ceux dont les actes ne sont plus que des symboles, dont les attitudes sont pétries de courage, qui redressent le dos pour cacher leur peine, qui marchent seul pour marcher droit… Mais qui marchent.

Bonne et Heureuse Année

A tous les humains brisés, à tous ceux qui ne font pas ce qu’ils aiment et à tous ceux qui aiment ce qu’ils ne disent pas. À tous ceux que vous frôlez le sachant bien et à tous ceux qui vous frôlent ne le sachant même pas.

Bonne et Heureuse Année

A tous ceux qui portent en eux blessures vraies, un immense néant fait de tous les arrachements.

Bonne et Heureuse Année

A ceux dont c’est la dernière et qui s’en doutent
Et à ceux dont c’est la dernière et qui ne s’en doutent pas.
A ceux qui n’ont pas la force d’y penser et à ceux qui n’ont pas la faiblesse de l’avouer.
A ceux qui n’osent pas vous regarder, parce que leur regard, peut-être, les trahiraient.
Et qu’ils veulent garder pour eux seuls, leur terrible secret.

Bonne et Heureuse Année

A ceux qui sourient pour voiler le chagrin de leur âme, badinent pour masquer la grimace de leur cœur, crient pour taire la panique de leurs yeux, jouent la comédie pour ne pas assombrir des vies.

Bonne et Heureuse Année

A certains heureux aussi que j’oubliais, à ceux qui portent leur tête, leur cœur et leur âme aussi légèrement qu’un poids d’hélium.

Bonne et Heureuse Année
A ceux que le plaisir égare et dont le sang charrie tout l’idéal, car pour eux suffit l’apparence charnelle de la vie.

Bonne et Heureuse Année enfin

A ceux qui possèdent le détachement de l’esprit et à ceux qui soignent les corps ou les âmes,
A ceux dont le cœur bat généreusement et à tous ceux qui, luttant pour la justice, veulent établir le règne de la paix.
A tous ceux qui sont purs dans leurs pensées et leur amour.

Bonne et Heureuse Année à vous tous qui donnez un sens Divin à l’Humanité ! 

(Texte de Mario Pelchat).

Merci d’être là. Bonne et bienfaisante année 2012.

Walid H.

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J’écris dans le ventre du monde

décembre 26, 2011 Laisser un commentaire

Dernière semaine, dernière ligne droite, dernier pli hebdomadaire avant de tourner la page 2011. Quelques mots à la volée avant cette échéance.

Je blogue dans le ventre du monde. J’écris. Des mots comme des grains sacrificiels de riz jetés à la mer. Sans espoir de récolte. Juste une dérive qui se passe de commentaires. Ma dérive sur un blog ouvert pour faire pièce à mon inertie.

J’écris dans le ventre du monde, ce world wide web. Je suis enfant de ce monde, aîné du web et des blogs. Dans l’océan des égos, je réclame ma part. Je suis l’écrivain de mes douleurs. Le certificateur de mes certitudes. La vigie de mes tourments.

J’écris dans la violence de ce monde. Sa résonnance n’a jamais été la mienne. Sur la pointe des pieds, derrière l’écran, j’y entends y mettre ma dissonance. Y faire part de mes interpellations. De prétentions en ambitions, de clics furieux en écoute mal assumée, je me suis replié. Les choses vont trop vite. De mon assurance à l’insignifiance des choses écrites, et faites, j’ai fait le compte de ma suffisance.

Au gré du temps et des vents, je me suis disputé avec mon clavier. Il a rythmé mes pulsions, donné corps à mes idées. Et là, je l’ai délaissé. Les jours ont défilé, ma petite voix se faisait de moins en moins singulière, mais de plus en plus irrégulière. Les jours ont défilé implacablement, le monde, lui, inébranlable, a déroulé sa litanie. Celle qui tire source dans la nuit des temps et qui promet de couler dans nos veines jusqu’à la fin des temps.

Des supermen, usurpateurs aux infinies illusions, prévaricateurs de serments, victimes du glissement de sémantique et de la raison du plus odieux (cf. la guerre en Libye), aux dieux des stades, toujours plus fous, plus hauts, tout n’est qu’éphémère. Et tout a été disproportionné.

Le fauteuil présidentiel est tapissé d’une cigüe dont l’ingénu postérieur présidentiel se sent immunisé (parce qu’il est l’Élu). Le président en veut toujours plus. Un mandat, deux, puis trois, puis, il s’affranchit de toute pudeur : boulevard ouvert. Pourquoi se gêner.

Pour un Mali qui marche sur ses deux jambes, combien de Burkina, de Sénégal, de Cameroun, de Tunisie, d’Égypte, de Bénin (je le vois venir le Boni avec ses gros sabots), de Gambie, de Gabon, de Togo, et j’en  passe ? Qu’ont-ils encore à nous donner, ces irréductibles, si ce n’est leur certaine déchéance physique au pouvoir ! Les images d’un corps sans vie que l’on traîne du côté de Syrte font exploser ma ligne de flottaison : « plus jamais cela ».

Tout n’est que prestidigitation. Tout n’est que théâtre. Dans les coursives, un monstre à plusieurs tête, maître es qualité de l’esbroufe et de l’entubage : l’occident si mal nommé « axe du bien ». Mais aussi, notre apathie générale. Qu’elle est palpable cette insignifiance.

2011, c’est aussi, un footballeur, enfant prophétique du Cameroun au prénom biblique qui s’élève au-dessus de la mêlée avec un revenu quotidien tiré de son activité principale (mettre la balle au fond d’un filet) de 35 millions de FCFA. Du sommet de mes prétentions et aspirations, j’ai le vertige. Je ne suis ni « l’élu », ni « choisi », ni « unique », ni membre d’une quelconque coterie ; je cumule à mon corps défendant tous les handicaps. Je suis ce petit moi qui surnage, qui résiste pis que la mauvaise herbe, vacillant devant mon impuissance à concevoir un demain au quotidien meilleur qu’aujourd’hui.

Ma parcelle de vérité qu’est ce blog est un champ décati. Je me suis pourtant promis d’y revenir. Je suis comme le paysan. Je suis le paysan en fait. Je sème à tout vent, ne sachant si les éléments seront cléments ; si la récolte, en bout de course, sera au rendez-vous. « Point besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer », j’ai bien retenu la leçon de mes maîtres. Mes mots, ces petits mots, qui content mes douleurs, seront livrés, d’inégales périodicités, valeurs et humeurs. Livrés et comptabilisés. Car, tout se pèse. Tout se compte. Surtout l’insignifiance !

Mes guerres, mes colères et mes amours sont-ils (encore) ceux de mes cadets ?

novembre 8, 2011 2 commentaires

Patrice Lumumba, sa mémoire survit de plus en plus difficilement (DR).

Les 4 premiers résultats aléatoires compilés sur Facebook : Blaise Compaoré : 10 415 « fans » ; mais Thomas Sankara, 27 064 « fans ». Patrice Lumumba, 19 464 « fans » ; pendant ce temps, Mobutu Sesse Seko, 201 « fans » et Joseph Kabila : 24 319. Facebook ou l’instrument actuel « d’utilité et de reconnaissance sociales ».

Que reste-t-il de mes « amours trépassés » ? Toujours sur Facebook, l’éminent Professeur burkinabè Ki-Zerbo (disparu un 4 décembre 2006), 193 personnes. L’immense égyptologue sénégalais Cheick-Anta Diop, 380 « like ». Et l’iconoclaste professeur nigérien Abdou Moumouni ? Aucun « fan ». Son nom ne survit dans la mémoire collective nigérienne que parce que l’université de Niamey porte son nom. Mais et Nobert Zongo ? Juste 389 « fans ».

Décidément, les politiques, les intellectuels et le journaliste passé de vie à trépas une matinée du 13 décembre 1998, ne rameutent pas des masses. Alors, et les artistes ? Faisons, un petit tour, au petit hasard, chez ceux qui tiennent le « dancefloor ». Fally Ipupa? 110 999 « j’aime ». A la première mesure, la messe est dite.

Magic System, star dans les "bacs", dans les ondes et sur Facebook (DR).

Magic system ? Encore plus fort : 245 180 « adeptes ». Là aussi, il ne s’agit que d’un seul résultat. Il est bien vrai que ces musiciens font actuellement l’actualité. Qu’il eut été plus juste en prenant ceux qui ne sont plus. Toutefois, ceci montre qu’ils sont de leur temps. Que beaucoup se reconnaissent en eux.

De plus en plus, je constate que je me retrouve à dialoguer avec des « nostalgiques » (dixit les djeun’s). Ces derniers n’osent pas dire que nous sommes « aigris », que nous « radotons » ; disons que je les entends, toutefois, le penser très fort !

Sur ces sujets, quand j’engage la discussion avec les nés « après 1990 » (pour ne prendre qu’un exemple), j’entends souvent ce commentaire : « C’est du passé ». L’assassinat de Norbert Zong? « Vieux père – c’est ainsi qu’ils m’interpellent ; hé oui, jeune quadra, je porte des cheveux blancs-, il faut tourner la page ; il est mort maintenant ». La « nécessité » de poursuivre le dossier ? Leur réponse se fait plus précise : « Pour faire quoi ? Vieux père, il ne faut pas m’en vouloir, moi je cherche à manger. Norbert Zongo, je ne le connais pas. J’ai entendu parler de ce qu’on lui a fait. Ce n’est pas bien déh ! Blaise Compaoré, je ne l’aime pas. Il a trop duré. Il a tué ou fait tuer. En ces temps, c’était normal. Moi, je ne peux pas lui en vouloir de chercher à rester vivant. Aujourd’hui, ce que je veux, c’est qu’il diminue le prix de la tchop – nourriture-, la vie est trop dure quoi, que j’ai un emploi et un toit. Le reste, « on » va gérer! ».

Conversation tenue avec un jeune « parkeur » de motos au centre-ville. Ses réponses ont été dupliquées par d’autres de la même catégorie d’âge que lui. Alors ? Alors, le temps passe, le temps efface, les devoirs d’exigence s’affaiblissent, les idéaux mutent. Et mes colères qui va les entretenir ? Et amours où s’envoleront-ils?

Kadhafi mort, ca pue et pas qu’un peu !

octobre 28, 2011 1 commentaire

Tout dans cette affaire pue. Tout. Du début à la fin. L’ONU vient d’ordonner à l’OTAN de se tailler de la Libye. « La job » est finie. Il est temps de plier bagages. Fissa. Sans honte. Même si c’est flagrant. Même s’ils auraient pu faire semblant de rester un peu, histoire de sauvegarder les formes. Non, Kadhafi passé de vie à trépas, il n’y a vraiment plus de raison pour les troupes occidentales de s’attarder dans ce territoire hostile.

Les armes ont pavé le chemin, place maintenant au business, au costard cravate et au Mont Blanc. La reconstruction ?. Un chiffre sorti d’un chapeau : 200 milliards de dollars. Alors pourquoi jouer les vierges effarouchées ? La relance économique s’amorcera avec les contrats libyens (le pillonage a dû être méthodique, ciblé et à dessein). Cette guerre a essoré les dernières ressources financières. Il est donc temps que la « coalition » arrête les frais. Normal !

Une certaine presse, les poils à gratter, les indignés, les gens qui estiment « qu’une vie est une vie », « que tout être humain a droit à un procès », tous ces gens qui pensent de travers vont gronder, donner de la voix, ruer dans les brancards, « polluer » les réseaux sociaux, etc. Cela fait partie du prix à payer. Une tempête dans un verre d’eau. Il « leur » faudra juste ployer, faire le dos rond et attendre que l’orage passe. Nécessairement, l’orage va se tasser. Même si par un cruel clin d’œil, cette affaire resurgit en 2012, année d’élection présidentielle en France et aux États-Unis, aucune crainte : combien sont-ils réellement ces mécontents ? L’opinion publique occidentale est satisfaite du sort fait à Kadhafi. Suprême jouissance, elle a pu visionner jusqu’à l’overdose, les derniers moments de celui qui leur a fait tant de mal.

Barack Obama est un chasseur émérite (il doit être Massaï du côté de son père à bien y penser). Il a effacé du paysage, deux des pires ennemis que l’Amérique ait affronté depuis la 2ème guerre mondiale. Et tout cela en moins de 6 mois. Son « mérite » est insuffisamment reconnu.

L’assassinat de Ben Laden a été accepté par une très large partie de « leur » opinion. Kadhafi, c’était le Ben Laden des années 70 et 80. Si certains ont la mémoire courte, les États eux l’ont très précise. Combien de présidents américains n’ont pas essayé de se débarrasser de Kadhafi ? Un seul y est parvenu. Dites, c’est bien le même qui a eu le Prix Nobel de la Paix, il y a peu ?

La mort de Kadhafi est un assassinat effectué dans un État souverain. Est-il légitime au regard du droit international ? Je refile le bébé aux juridictions internationales ou même, tiens, au Procureur de la Cour Pénale Internationale. Il faut bien qu’il diversifie les horizons de ses enquêtes. Il est trop souvent entrain de bêcher sur la terre d’Afrique. Qu’il aille donc marauder du côté de l’Occident.

Il est tout de même « bizarre » que les autres criminels (je pense à la guerre au Kosovo, à  « l’ange de la mort en Argentine » dont le procès est actuellement en cours, à Pinochet, et tant d’autres) n’aient pas eu pareil sort. Même les nazis ont été jugés et condamnés. Alors quoi, certains seraient-ils plus dignes d’être humains que d’autres ?