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Archive de la Catégorie ‘… autour d’un apéro’

Femme frigide, homme impuissant, normal qu’il y ait panne

janvier 6, 2012 2 commentaires

Le Burkina  Faso  est un homme impuissant et la Haute-Volta[1] une femme frigide. Une affaire comme celle d’Original Gangsta aka Ousmane Guiro aka OG est traitée avec le même conformisme tuant par les politiques. Pendant que les twits et Facebook s’enflamment, nos amis les politiques font dans le classique : « et que je demande la démission du ministre des finances » ; « et que j’inonde les rédactions du pays de déclarations aussi kilométriques que le goudron entre Ouaga et Bobo » ; « et que je m’insurge… » ; « et que je réclame… ». Non, messieurs et dames des politiques, vous êtes hors-jeu ! Vous êtes d’une platitude désespérante. D’une banalité consternante. D’une fadeur inouïe. Vous n’avez pas compris que nous vous mettons tous dans le même bateau ? Pas un politique pour rattraper l’autre.

Le pays des hommes intègres (aka Burkina Faso) ronronne. Le  Président parle dans sa « barbe ». D’une voix toute petite, vu que de barbe il n’en a point ! Heureusement qu’il y a les maquis et Internet pour se lâcher. Sinon, le pays allait sombrer dans une sinistrose totale. Mais ce que l’on s’ennuie dans ce pays. Rien ne bouge. Ou si : les lignes bougent selon la volonté du Prince. On vient de le voir avec l’affaire OG.

La classe dirigeante burkinabè est usée. Embourgeoisée. Elle a perdu la passion. Elle ne lutte que pour conserver ses privilèges acquis… il y aura bientôt 30 ans (l’autre côté de la parentèle politique lutte pour les retrouver ou pour les découvrir, depuis tout aussi longtemps).

Une telle timidité est-ce un aveu d’impuissance des politiques ? Est-ce l’âge avec, le fait que la plupart des politiques soit au-delà de la cinquantaine ? Les passionnés ont-ils été enterrés avec la “rectification de 1987″ ? Aujourd’hui, je ne vois pas dans le champ politique quelqu’un qui soit un tribun, un galvanisateur, un charismatique. Qui est capable de plonger ses mains dans les entrailles du pays et d’en faire ressortir l’envie de tout chambouler ? De faire frisonner les foules, de leur donner l’envie de tout changer ? D’être cet aimant, ce fédérateur, ce leader ? Certes, on me dira Laurent Bado. Mais le pauvre a été enseveli avec le piège des 30 millions de l’O.B.U (Opposition burkinabè unie). A part cela, qui ?

Alors aujourd’hui, plus qu’hier, à l’heure de l’indignation mondiale et instantanée, nos politiques pédalent tous dans la choucroute avec  leurs déclarations politiques envoyées aux rédactions (qui les lit encore). Une affaire comme celle que traverse le Burkina est d’une gravité incroyable. Elle se saisit à bras le corps. Un jeu de jambes à la Mohamed Ali, un punch à la Mike Tyson, une souplesse à la Nadia Comaneci, une tenacité d’un crève-la-faim … Il faut cogner, encore cogner, toujours cogner jusqu’à saturation.  La politique n’est pas un job à temps partiel ni un coup pour rien!

Nos politiques n’inspirent pas confiance. Ils tristes. Tristes et précieux dans leur langage et leurs manières. Ridicules dans leur posture. Bon Dieu émancipez-vous ! Montrez-nous que vous avez envie. Que vous avez des c… ! Du génie ! Prouvez-nous que que vous vous intéressez à nous !

Le problème ce n’est pas que l’adversaire  politique, mais la volonté de tourner la page, d’inventer et de donner un autre avenir aux pays de nos Pères. Tiens, comme aime à le dire une de mes blogueuses préférées, Pretty Zoely, ayez envie « d’oser l’avenir ». L’alternance à venir n’est plus simplement politique. Mais générationnelle.

Le Faso d’aujourd’hui, c’est ce manque de volonté de s’affranchir des lieux communs. Pas d’initiatives. Pas de « coup de folie ». C’est cela pas de folie ! Il y n’y a que des raisonnables et des raisonnés. Triste époque. Je ferme les yeux et j’ai l’impression d’écouter la même bande son. Une platitude débilisante. Mettons de la passion. Du désir. De l’envie. Un pays cela se mérite. Et cela se prouve. Que diable !


[1] Ancien nom du Burkina Faso.

Le Sahel burkinabè est inquiet

octobre 31, 2011 Laisser un commentaire

La saison des pluies n’a pas été à la hauteur dans le Sahel burkinabè. Parmi les éleveurs, l’inquiétude sourde. L’impuissance n’est pas loin. Le couvert végétal et les points d’eau permettront de tenir au mieux jusqu’en décembre. Mais au-delà ? De février jusqu’à mai, la chaleur est à son paroxysme. Comment faire ? Sur qui compter ?

La peine au cœur, certains éleveurs parlent déjà de déstockage. Vendre maintenant, pour d’une part, diminuer la taille du cheptel, et d’autre part, disposer des ressources financières pour la prise en charge du bétail restant. L’urgence est là puisque les bêtes sont déjà éprouvées par la chaleur actuelle. Cette urgence va à l’encontre du fond culturel où la richesse de l’éleveur est son bétail. Voir ses bêtes mourir sous ses yeux ou les vendre, tel est le cruel dilemne que m’ont souligné certains.

Les temps qui s’annoncent dans le sahel burkinabè ne seront pas faciles. Il est heureux de voir que sur la question de la prévention, le gouvernement Tiao ne fait pas de « déni de grossesse ». Bien au contraire, il s’attelle à mettre en place un plan de secours même si ce plan ne cible pas spécifiquement les éleveurs. Mais, c’est déjà cela de pris !

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Wikileaks, Blaise Compaoré, djembés, Bourgi, les nouveaux noms du dictionnaire

septembre 23, 2011 3 commentaires

Après le “bang bang bang”, la baston, les biftons ou encore les djembés, notre langage subit une évolution. La mise à jour s’avère plus que nécessaire.

Blaise Compaoré : Un des derniers artisans qui travaille encore à l’ancienne. Mélomane averti et technicien hors pair : capable de concevoir des djembés multi-usages ! A recommander à vos meilleurs amis pour les envois d’argent un peu volumineux. Mais, dommage, il ne verse pas dans l’option mallettes.

Démenti : Haut-parleurs installés dans toutes les rédactions de savane, de France et de Navarre.

Djembés : Guichets western union customisés par les présidences africaines. Plafond d’envoi raisonnable fixé à 3 millions de dollars. Convient aux usages d’une certaine clientèle.

Les djembés du Burkina font partie des plus réputés (DR)

Françafrique : Équivalent tropicalisé du monstre du Loch Ness ou de la vertu d’une péripatéticienne. Tout le monde en parle mais personne ne l’a vu.

Jacques Foccart, modèle absolu des "hommes de l'ombre" (DR)

Jacques Foccart : « Faitout français ». Fabriqué, développé et conçu en France. Beaucoup plus fiable que le modèle libano-français- sénégalais (voir plus bas) actuellementsur le marché. Modèle peu prétentieux, très économique, qui fait l’essentiel sans chichi. Il est surtout dépourvu de commandes vocales et des dernières technologies. Ce qui explique sa fiabilité légendaire. Malheureusement, ce modèle n’est plus disponible depuis 1997. Du fait de son succès, il a été beaucoup copié mais rarement égalé. Le modèle Bourgi s’en est fortement inspiré. Marque déposée.

Mallettes : Carte bancaire platinium. Plafond minimal de retrait : 10 millions de dollars. Guichets sélects disponibles uniquement à l’Élysée. Porte-parole : Capable de démentir aujourd’hui ce qu’il soutenait hier avec vigueur. Spécialiste du rétropédalage. Parle de ce qu’il ne sait pas. Agent zélé et fayot. Usage extensif et déraisonnable du démenti (voir plus haut).

Robert Bourgi : « Faitout libanais », inspiré du modèle français mais manufacturé au Sénégal. Ce qui peut expliquer son manque de fiabilité et son côté prétentieux. Assez lent à la détente et démarre par séquence. Fragilité proverbiale des joints qui ont tendance à fuiter sans retenue. Muni d’origine d’une fonction filtrage, aspiration et évacuation. Excellente capacité d’absorption en cas de trop-plein des mallettes ou des djembés. Efficacité garantie à ce niveau. Très utilisé en arrière-cuisine française. Avec des résultats dépendant des officines. A garder à l’oeil en tout cas.

Wikileaks : Déboucheur universel. Ramène tout ce qui est nauséabond à la surface. Attention, notice uniquement disponible en anglais.

Eto’o : 20,5 millions d’euros par an, pourquoi discuter ?

août 25, 2011 Laisser un commentaire

L’Eto’o fils file à l’Est et cela déplaît fortement. Les dents grincent. Les plumes se font acides. Vent debout la grande majorité des commentateurs conclue de manière lapidaire : « Eto’o, le choix de l’argent. Ce n’est pas un choix sportif. Il le fait pour l’argent. Destination peu glamour. Équipe inconnue. Gâchis sportif. Etc. ». Hier, RFI en faisait encore des tonnes dans la détonante émission Radio Foot Internationale. Je dirai encore heureux qu’Eto’o n’ait pas perdu le nord ! Cela prouve qu’il est toujours lucide. Son choix est des plus normaux. Il est cohérent avec le système économique régissant le milieu sportif en particulier et la vie économique en général. A croire que le mouvement de tous ces sportifs (pour ne parler que de cette catégorie d’expatriés) qui quittent leur terre pour aller ailleurs est juste guidé par le choix sportif. Quand le Brésil et l’Argentine, pour ne citer que les deux pays les plus emblématiques en Amérique du sud en matière de football, se vidaient de leurs footballeurs (et non des moindres) au profit des clubs européens, c’était pour… les beaux yeux de la marquise ? Quand, les sélections des pays africains sont systématiquement pillées pour alimenter les championnats européens dont une quantité incroyable d’équipes de milieu et de bas de tableau, c’est certainement pour l’amour du beau jeu ! Ils sont combien les joueurs africains à avoir gagné des trophées ? Dans les réflexions qui disqualifient la nouvelle destination du meilleur buteur camerounais, beaucoup de condescendance, de paternalisme et d’aveuglement (pour rester poli) ! Salut l’artiste et bon vent !