Femme frigide, homme impuissant, normal qu’il y ait panne
Le Burkina Faso est un homme impuissant et la Haute-Volta[1] une femme frigide. Une affaire comme celle d’Original Gangsta aka Ousmane Guiro aka OG est traitée avec le même conformisme tuant par les politiques. Pendant que les twits et Facebook s’enflamment, nos amis les politiques font dans le classique : « et que je demande la démission du ministre des finances » ; « et que j’inonde les rédactions du pays de déclarations aussi kilométriques que le goudron entre Ouaga et Bobo » ; « et que je m’insurge… » ; « et que je réclame… ». Non, messieurs et dames des politiques, vous êtes hors-jeu ! Vous êtes d’une platitude désespérante. D’une banalité consternante. D’une fadeur inouïe. Vous n’avez pas compris que nous vous mettons tous dans le même bateau ? Pas un politique pour rattraper l’autre.
Le pays des hommes intègres (aka Burkina Faso) ronronne. Le Président parle dans sa « barbe ». D’une voix toute petite, vu que de barbe il n’en a point ! Heureusement qu’il y a les maquis et Internet pour se lâcher. Sinon, le pays allait sombrer dans une sinistrose totale. Mais ce que l’on s’ennuie dans ce pays. Rien ne bouge. Ou si : les lignes bougent selon la volonté du Prince. On vient de le voir avec l’affaire OG.
La classe dirigeante burkinabè est usée. Embourgeoisée. Elle a perdu la passion. Elle ne lutte que pour conserver ses privilèges acquis… il y aura bientôt 30 ans (l’autre côté de la parentèle politique lutte pour les retrouver ou pour les découvrir, depuis tout aussi longtemps).
Une telle timidité est-ce un aveu d’impuissance des politiques ? Est-ce l’âge avec, le fait que la plupart des politiques soit au-delà de la cinquantaine ? Les passionnés ont-ils été enterrés avec la “rectification de 1987″ ? Aujourd’hui, je ne vois pas dans le champ politique quelqu’un qui soit un tribun, un galvanisateur, un charismatique. Qui est capable de plonger ses mains dans les entrailles du pays et d’en faire ressortir l’envie de tout chambouler ? De faire frisonner les foules, de leur donner l’envie de tout changer ? D’être cet aimant, ce fédérateur, ce leader ? Certes, on me dira Laurent Bado. Mais le pauvre a été enseveli avec le piège des 30 millions de l’O.B.U (Opposition burkinabè unie). A part cela, qui ?
Alors aujourd’hui, plus qu’hier, à l’heure de l’indignation mondiale et instantanée, nos politiques pédalent tous dans la choucroute avec leurs déclarations politiques envoyées aux rédactions (qui les lit encore). Une affaire comme celle que traverse le Burkina est d’une gravité incroyable. Elle se saisit à bras le corps. Un jeu de jambes à la Mohamed Ali, un punch à la Mike Tyson, une souplesse à la Nadia Comaneci, une tenacité d’un crève-la-faim … Il faut cogner, encore cogner, toujours cogner jusqu’à saturation. La politique n’est pas un job à temps partiel ni un coup pour rien!
Nos politiques n’inspirent pas confiance. Ils tristes. Tristes et précieux dans leur langage et leurs manières. Ridicules dans leur posture. Bon Dieu émancipez-vous ! Montrez-nous que vous avez envie. Que vous avez des c… ! Du génie ! Prouvez-nous que que vous vous intéressez à nous !
Le problème ce n’est pas que l’adversaire politique, mais la volonté de tourner la page, d’inventer et de donner un autre avenir aux pays de nos Pères. Tiens, comme aime à le dire une de mes blogueuses préférées, Pretty Zoely, ayez envie « d’oser l’avenir ». L’alternance à venir n’est plus simplement politique. Mais générationnelle.
Le Faso d’aujourd’hui, c’est ce manque de volonté de s’affranchir des lieux communs. Pas d’initiatives. Pas de « coup de folie ». C’est cela pas de folie ! Il y n’y a que des raisonnables et des raisonnés. Triste époque. Je ferme les yeux et j’ai l’impression d’écouter la même bande son. Une platitude débilisante. Mettons de la passion. Du désir. De l’envie. Un pays cela se mérite. Et cela se prouve. Que diable !
[1] Ancien nom du Burkina Faso.

