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Pot-pourri du 15-octobre


Un problème de définition

15 octobre 1987 – 15 octobre 2011, 24 années que l’intérimaire capitaine Blaise Compaoré squatte toujours le fauteuil présidentiel. Celui qui disait ne pas vouloir s’éterniser enfile les années au pouvoir comme d’autres les années de peine. A lui seul, Blaise Compaoré totalise autant d’années d’exercice que les 5 autres présidents que le pays aura connu (le pays a fêté l’année dernière le 50ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale). Pour quelqu’un qui ne faisait que passer et qui était pressé de rendre le pouvoir, il y a comme qui dirait « un léger bug ».

Blaise le monarque

Un des problèmes que j’ai avec le régime en place est la manière dont le pouvoir s’incarne : pas d’humilité, un ostracisme des plus caricaturaux, des manières de faire qui renvoient à la monarchie. Un exemple parmi mille : en 24 années, combien de fois Blaise Compaoré s’est-il rendu de manière spontané en province, histoire d’échanger avec ses concitoyens ? Ne cherchez pas : zéro fois. C’est tout dire. Aucune connexion avec son peuple. Aucune. C’est d’une tristesse infinie. Le paysan de la Léraba, le berger du Soum, le cultivateur du Gourma, le fonctionnaire de Koupéla, Kantchari, l’entrepreneur de Koungossi, le citoyen de Koudougou ou de Sabou, n’ont pas de président. Un monarque oui. Mais pas de président. De temps à autre, le monarque Compaoré daigne faire l’obole d’un regard ; d’un espace temps forcément généreux dans son agenda hyper-chargé de médiateur courru à « réputation internationale ». Jamais il ne quittera son palais pour aller à leur rencontre, s’assoir avec eux, prendre l’information en dehors des foras et des figures imposées que peut-être la journée du paysan. Blaise Compaoré est-il aimé ? Ou essentiellement craint ?

24 ans au pouvoir. Il faudra bien partir un jour. Que retenir ?

L’histoire qui s’écrit au quotidien trace le sillon. Quelle empreinte la mémoire collective burkinabè gardera-t-elle de ce long, très long règne de Blaise Compaoré ? Une des clés va résider dans sa capacité à transmettre le pouvoir. Rares sont les hommes d’État (tout comme les entrepreneurs d’ailleurs) à savoir transmettre le flambeau. Résultat, à leur mort, l’œuvre périclite ! Blaise Compaoré s’estimait intouchable. Les différents mouvements l’ont fait vaciller. Ses certitudes ont été atteintes de plein fouet. Cela est palpable. Cela est visible. Il le sait. Nous le savons ! Espérons qu’il en tire les conséquences.

Au Faso, plus on creuse, plus ce pouvoir sonne faux.

Le pouvoir Compaoré, c’est tout de même l’impunité. Le jeu de cache-cache avec la vérité et la transparence. Le maquillage. Le vernis démocratique. Un système qui promeut le copinage et met en exergue l’irresponsabilité. Personne n’est jamais sanctionné puisque personne n’a jamais commis de faute et que tout le monde est lié. L’ambassadeur des États-Unis peut en témoigner : les autorités de ce pays savent adapter leurdiscours à ce que veulent entendre les acteurs, notamment les « partenaires au développement ». La variable démocratique mise en exergue au Burkina, ce sont les élections qui se tiennent régulièrement. Pour ceux qui savent, c’est largement insuffisant. Au Faso, plus on creuse, plus ce pouvoir sonne faux. Ce n’est plus la terre des hommes intègres.

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